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14 juillet, 2026 - 03:08:25
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Est de la RDC : la CNDH dénonce des violations « graves et systématiques » des droits humains à Goma et Bukavu

Le constat se durcit à mesure que les témoignages s’accumulent. À Kinshasa, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a alerté sur des violations « graves et systématiques » des droits humains et du droit international humanitaire commises à Goma et Bukavu, deux villes de l’Est sous contrôle de la coalition armée impliquant l’armée rwandaise et le M23-AFC. Exécutions sommaires, disparitions forcées, violences sexuelles, recrutements d’enfants et déplacements massifs : les faits documentés dessinent une situation humanitaire et sécuritaire alarmante. Réunie pour préparer son rapport annuel, l’institution entend consolider les preuves afin d’établir les responsabilités et renforcer le plaidoyer en faveur de la protection des civils.

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) tire la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. À l’ouverture d’un atelier consacré à la rédaction du rapport annuel sur les droits humains à Goma et Bukavu, jeudi à Kinshasa, l’institution a affirmé disposer d’informations concordantes faisant état de violations massives dans ces deux villes.

Selon la CNDH, ces exactions seraient perpétrées dans des zones sous occupation de la coalition formée par l’armée rwandaise et le mouvement rebelle M23-AFC.

Le président de la Commission, Paul Nsapu, a dressé un tableau particulièrement préoccupant.

« Les informations recueillies, jusqu’à ces jours, font état de violations graves et systématiques des droits de l’homme et du droit international humanitaire », a-t-il déclaré.

Un large éventail d’atteintes

Parmi les faits recensés figurent « des atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique, des exécutions sommaires et des disparitions forcées, des violences sexuelles basées sur le genre, des déplacements forcés des populations, des recrutements d’enfants associés aux groupes armés, des pillages, des destructions de biens et des attaques contre les infrastructures sociales », a détaillé Paul Nsapu.

Ces pratiques, si elles sont confirmées, pourraient constituer de graves violations du droit international humanitaire et engager la responsabilité de leurs auteurs devant les juridictions compétentes.

Documenter pour établir les responsabilités

L’atelier organisé à Kinshasa vise à consolider les données recueillies sur le terrain, croiser les témoignages et structurer les informations en vue de la publication d’un rapport documenté. Pour la CNDH, l’objectif est double : rendre compte de la réalité vécue par les populations civiles et disposer d’éléments probants susceptibles d’appuyer d’éventuelles démarches judiciaires ou diplomatiques.

Dans un contexte de recrudescence des combats et de déplacements massifs de populations dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, la Commission entend également renforcer son plaidoyer en faveur d’une meilleure protection des civils.

Une situation humanitaire sous tension

Depuis plusieurs mois, les villes de Goma et de Bukavu sont au cœur d’une crise sécuritaire persistante, marquée par des affrontements armés et des accusations récurrentes d’ingérence régionale. Les organisations humanitaires alertent régulièrement sur l’augmentation des besoins en assistance alimentaire, sanitaire et en protection.

Pour la CNDH, documenter ces violations constitue une étape essentielle pour rompre le cycle de l’impunité. Reste désormais à traduire ces constats en mécanismes concrets de protection et de justice pour les victimes.

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