Le souvenir demeure vif, presque intact. Neuf ans après sa disparition, la figure d’Étienne Tshisekedi continue de structurer le débat politique congolais. Pour nombre de citoyens, son combat pour l’État de droit, les libertés publiques et l’alternance démocratique a façonné la conscience politique nationale. Dans une tribune argumentée, l’auteur Bettens Ntumba plaide pour que l’ancien opposant historique soit officiellement admis au rang de héros national. Il invoque la constance de son engagement, sa résistance aux régimes autoritaires et l’héritage institutionnel laissé aux générations actuelles. Au-delà de l’hommage mémoriel, la démarche propose une mobilisation légale : une pétition populaire adressée au Parlement. Une initiative qui relance la question de la reconnaissance institutionnelle des grandes figures de la démocratie congolaise.
Le 1ᵉʳ février 2017 reste, pour de nombreux Congolais, une date charnière. Ce jour-là disparaissait Étienne Tshisekedi, opposant historique et fondateur de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), après plusieurs décennies d’affrontement politique avec les régimes successifs.
Son parcours s’est confondu avec les grandes batailles pour l’instauration du pluralisme, la tenue d’élections crédibles et la consolidation de l’État de droit. Arrestations, exils, assignations à résidence : sa trajectoire est jalonnée d’épreuves qui ont contribué à forger son image de symbole de résistance civile.
Une proposition d’élévation au rang de héros national
Dans un texte à caractère civique, Bettens Ntumba estime que cette constance politique justifie une reconnaissance officielle. Selon lui, l’ancien leader « mérite irréfutablement d’être admis à l’ordre national des héros nationaux », au regard de « son combat pour la démocratie, la liberté et le respect des lois de la République ».
L’auteur met en avant ce qu’il considère comme un héritage concret : la diffusion d’une culture électorale et la promotion de l’alternance pacifique comme unique voie légitime d’accession au pouvoir, en opposition aux coups d’État et aux violences armées.
La constance comme marque distinctive
Pour Bettens Ntumba, la singularité d’Étienne Tshisekedi réside dans la permanence de sa ligne politique. « La constance politique est une valeur cardinale », écrit-il, soulignant que peu d’acteurs publics congolais ont maintenu, sur plusieurs décennies, une même exigence démocratique.
Il rapproche cette fidélité idéologique de celle d’autres figures historiques de l’indépendance, estimant que cet attachement à la patrie et aux principes républicains constitue le dénominateur commun des grandes consciences nationales.
Une mobilisation citoyenne envisagée
Au-delà de l’hommage symbolique, la démarche se veut procédurale. L’auteur appelle à l’organisation d’une pétition populaire réunissant 100 000 signatures, conformément aux dispositions légales, afin de saisir l’une des deux chambres du Parlement.
Objectif affiché : transformer la reconnaissance morale en décision institutionnelle. « La pétition est la voie par excellence pour refléter son combat pour la démocratie », soutient-il, invitant à lancer rapidement la collecte des signatures.
Mémoire et reconnaissance officielle
Cette proposition s’inscrit dans un débat plus large sur la place des figures historiques dans la mémoire nationale. Faut-il institutionnaliser l’hommage rendu à certains leaders politiques ? Quels critères retenir pour l’élévation au rang de héros national ?
Autant de questions que relance cette initiative, alors que, pour une partie de l’opinion, l’empreinte d’Étienne Tshisekedi dépasse le cadre partisan pour rejoindre le patrimoine politique commun.
Par sa tribune, Bettens Ntumba plaide ainsi pour que la mémoire du combat démocratique trouve une traduction juridique et symbolique, à la hauteur, selon lui, du rôle joué par l’ancien opposant dans l’histoire contemporaine de la République démocratique du Congo.
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