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Kinshasa
4 février, 2026 - 00:00:50
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RDC – Émirats arabes unis : l’accord économique qui change d’échelle

Accélération nette. À Abu Dhabi, la République démocratique du Congo a scellé avec les Émirats arabes unis un accord économique présenté comme le plus ambitieux de son histoire récente. Au-delà des symboles diplomatiques, les chiffres avancés par Kinshasa traduisent une stratégie de transformation : port en eau profonde de Banana, formalisation de l’or artisanal, ouverture de milliers de lignes tarifaires et objectif d’échanges portés à 10 milliards de dollars d’ici 2030. Pour le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, il s’agit d’un « tournant de souveraineté économique » destiné à capter les investissements, sécuriser les recettes minières et intégrer la RDC aux chaînes de valeur mondiales. Reste désormais l’épreuve décisive : traduire la promesse politique en retombées concrètes pour les entreprises et les ménages.

À Abu Dhabi, la séquence se veut stratégique. En présence du président congolais Félix Tshisekedi et du dirigeant émirati Mohamed ben Zayed Al Nahyane, la RDC et les Émirats arabes unis ont signé, le 2 février 2026, un Accord de partenariat économique global (APEG).

Pour Julien Paluku Kahongya, il s’agit d’« l’accord du renouveau et de la grandeur », fruit d’un rapprochement engagé dès 2021 lors de la participation congolaise à l’Expo Dubaï. Deux priorités avaient alors émergé : construire le port en eau profonde de Banana et canaliser l’or artisanal vers les circuits bancaires officiels.

Depuis, Kinshasa met en avant des résultats tangibles. « Les engagements sont devenus des réalisations », assure le ministre, évoquant des « records » dans les infrastructures comme dans le secteur minier.

Banana et l’or artisanal, vitrines du partenariat

La première vitrine est logistique. Le port en eau profonde de Banana, développé avec l’opérateur DP World, est entré en phase active de construction. L’ouvrage doit offrir à la RDC un accès maritime compétitif, réduire les coûts de transport et fluidifier les exportations minières et agricoles.

La seconde est minière. La société Primera Gold a été créée pour formaliser la filière aurifère artisanale, longtemps dominée par la contrebande. Les volumes déclarés illustrent le changement d’échelle : alors que les exportations officielles ne dépassaient pas 5 à 10 kg par an auparavant, 5 000 kg ont été exportés en 2023, puis entre 7 000 et 9 000 kg en 2024.

« En quarante-cinq jours, nous avons exporté plus que la RDC ne l’avait fait officiellement en quinze ans », affirme Julien Paluku, qui parle d’« une révolution sans précédent ».

Une stratégie économique en trois axes

Kinshasa inscrit cet accord dans la « trilogie économique » défendue par le chef de l’État : diversification de l’économie, des marchés et des partenaires. L’APEG couvre un champ large : commerce des biens et services, commerce électronique, règles d’origine, promotion des investissements privés.

Une liste de 6 000 produits congolais éligibles a été établie. Objectif affiché : porter les échanges bilatéraux de 4,5 milliards de dollars en 2024 à 10 milliards d’ici 2030.

Le ministre insiste sur la dimension politique du texte : « Nous voulons briser les réseaux mafieux par la transparence et l’intégration au système bancaire. » Il ajoute : « À chacun de faire son choix économique : l’accord est signé. »

Entre promesse et mise en œuvre

Sur le papier, le partenariat consolide l’ancrage de la RDC dans le Golfe et renforce sa capacité à attirer capitaux et savoir-faire. Reste l’enjeu décisif : transformer les annonces en emplois, en recettes fiscales et en infrastructures visibles.

À court terme, la réussite du port de Banana et la pérennité de la formalisation de l’or seront les premiers tests. À plus long terme, la crédibilité de l’accord dépendra de la capacité de Kinshasa à sécuriser le climat des affaires et à garantir la traçabilité des flux.

Pour le gouvernement, l’heure est à l’optimisme. Pour les observateurs, à la vigilance. L’APEG ouvre une voie ; il devra encore prouver qu’elle mène réellement à la transformation économique promise.

Infos27

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