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2 juin, 2026 - 11:44:15
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République du Congo : la BAD mise sur l’agriculture pour accélérer la transformation économique à Bambou-Mingali

À 60 kilomètres de Brazzaville, les champs tiennent lieu de tribune économique. Pendant dix jours, la première Grande foire agricole du Congo rassemble producteurs, investisseurs et partenaires techniques autour d’un même mot d’ordre : faire de la terre un levier de souveraineté et d’emplois. Au cœur du dispositif, un engagement financier massif de la Banque africaine de développement, qui injecte 80 millions d’euros dans un programme structurant pour moderniser les filières, renforcer la transformation locale et ouvrir l’accès aux marchés. Plus qu’une vitrine, la foire devient un laboratoire de politiques publiques où l’agriculture est présentée comme l’axe central de la diversification économique du pays.

Du 5 au 15 février 2026, le village de Bambou-Mingali, à une soixantaine de kilomètres de Brazzaville, accueille la première édition de la Grande foire agricole du Congo (GFAC).

Placée sous le thème « Le progrès par la terre, l’unité par le travail », la manifestation se veut une vitrine du potentiel agricole national et un espace de dialogue entre acteurs publics, producteurs, investisseurs et partenaires techniques et financiers.

Expositions de cultures végétales et d’élevage, démonstrations de mécanisation, solutions d’irrigation, itinéraires techniques, conférences d’experts et rencontres B2B rythment l’événement. L’objectif affiché par les autorités : faire de l’agriculture un pilier de la sécurité alimentaire, de l’emploi et de la diversification économique.

La Banque africaine de développement en première ligne

Parmi les partenaires présents, le Groupe de la Banque africaine de développement met en avant son Projet de développement intégré de chaîne de valeur agricole au Congo (PRODIVAC).

Doté d’un financement de 80 millions d’euros et mis en œuvre par le gouvernement congolais, ce programme vise une transformation structurelle du secteur : hausse de la productivité, transformation locale des produits, meilleur accès aux marchés et renforcement des partenariats public-privé.

Pour Léandre Bassolé, directeur général de la Banque pour l’Afrique centrale, la foire illustre une stratégie assumée :

« La Grande foire agricole du Congo illustre une ambition claire : faire de l’agriculture un moteur de souveraineté alimentaire, de création d’emplois et de croissance inclusive. »

Et d’ajouter : « À travers PRODIVAC, nous accompagnons concrètement cette vision, en soutenant des chaînes de valeur structurantes, de la production à la transformation, au bénéfice des producteurs, des jeunes et des femmes. Les résultats présentés sur ce stand traduisent l’impact réel de notre engagement aux côtés du gouvernement congolais. »

Des filières prioritaires ciblées

Le projet s’inscrit dans l’Agenda pour la transformation agricole au Congo (ATAC), l’un des piliers du Plan national de développement 2022-2026.

Il cible notamment des filières jugées stratégiques — maïs, manioc et soja — avec une approche intégrée : appui à la mécanisation, semences améliorées, organisation des producteurs en coopératives, soutien aux PME agroalimentaires et déploiement de zones agricoles à forte productivité.

Sur le stand du PRODIVAC, les visiteurs découvrent les premiers résultats : formations techniques, distribution d’équipements pour alléger la pénibilité du travail, amélioration des rendements grâce à des semences performantes.

Un chantier de long terme

Le coordonnateur du projet, Marcel Dieudonné Nzemba, insiste sur la durée nécessaire aux réformes : « La transformation du secteur agricole est un chantier de long terme. Le PRODIVAC s’inscrit dans cette dynamique en apportant des solutions adaptées et durables, en cohérence avec les priorités du gouvernement congolais et les objectifs de la Banque africaine de développement. »

Il plaide également pour une approche partenariale, condition selon lui d’un changement structurel durable.

Au-delà des stands et des démonstrations techniques, la foire traduit une orientation politique plus large : réduire la dépendance alimentaire, créer des emplois ruraux et transformer localement les productions.

À Bambou-Mingali, l’agriculture n’est plus présentée comme un secteur de subsistance, mais comme un levier stratégique de croissance. Reste à transformer l’essai sur le terrain, au-delà de la vitrine événementielle, pour que la promesse de souveraineté alimentaire devienne réalité économique.

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