La paix ne se proclame pas, elle se contrôle. En visite à Kinshasa, le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé du maintien de la paix a clarifié le rôle central confié à la MONUSCO dans la surveillance du cessez-le-feu issu des processus de Washington et de Doha. Reçu par le président congolais, il a insisté sur un mécanisme concret de suivi et de vérification, adossé aux résolutions du Conseil de sécurité, présenté comme indispensable pour éviter les violations sur le terrain. Pour les autorités, la stabilisation durable de l’Est passe désormais par cette étape technique : sécuriser les lignes de front, restaurer la confiance et permettre le retour effectif de l’État dans les zones affectées.
La séquence est diplomatique, mais l’enjeu est sécuritaire.
Le président Félix Tshisekedi a reçu en audience à Kinshasa Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint des Organisation des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, pour faire le point sur la mise en œuvre du cessez-le-feu dans l’est de la République démocratique du Congo.
Au cœur des échanges : le rôle confié à la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) dans l’opérationnalisation du mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu convenu dans le cadre de l’accord de paix de Washington et du processus de Doha.
Selon les services de la présidence, la mission onusienne doit contribuer à documenter les incidents, contrôler le respect des engagements militaires et accompagner la désescalade sur le terrain.
Cette implication s’appuie sur les résolutions 2773 (2025) et 2808 (2025) du Conseil de sécurité, qui confèrent à la MONUSCO un mandat renforcé en matière de stabilisation et de protection des civils.
Un levier pour une paix durable
Pour les Nations unies, le respect du cessez-le-feu constitue une condition préalable à toute avancée politique.
« Le respect et la mise en œuvre du cessez-le-feu sont indispensables pour une paix durable en RDC », souligne la présidence, estimant que ce dispositif doit également favoriser « le renforcement de la présence de l’État dans les zones de conflit ».
Autrement dit, la sécurité militaire doit précéder le retour des administrations, des services publics et des activités économiques.
Dans l’Est, où les violences récurrentes ont affaibli l’autorité publique, la crédibilité du cessez-le-feu reste un test déterminant. Sans mécanisme de vérification, les engagements politiques risquent de rester théoriques.
Diplomatie et terrain
La visite de Jean-Pierre Lacroix s’inscrit dans une séquence diplomatique plus large autour des initiatives de paix régionales et internationales. Les discussions de Washington et de Doha visent à encadrer militairement les parties prenantes tout en ouvrant la voie à des solutions politiques.
Pour Kinshasa, l’appui technique de la MONUSCO peut jouer un rôle d’arbitre et de garant, en réduisant les accusations mutuelles et en objectivant les violations éventuelles.
À ce stade, aucune annonce opérationnelle supplémentaire n’a été détaillée, mais les autorités congolaises comme onusiennes affichent un objectif commun : transformer le cessez-le-feu en réalité tangible pour les populations.
Car sur le terrain, la paix ne se mesure pas aux communiqués, mais au silence des armes.
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