Entre impératif d’aménagement urbain et urgence sociale, l’exécutif cherche l’équilibre. À Kinshasa, le déguerpissement des habitants de Pakadjuma, lié au projet de relance des trains urbains, suscite inquiétudes et interpellations politiques. Reçu par deux députés de Mont Amba, le ministre des Droits humains a assuré qu’une solution serait examinée au Conseil des ministres. Sans remettre en cause la légalité de l’opération menée par la Ville, il promet des mesures d’accompagnement pour des familles confrontées à la précarité. Un dossier sensible, au croisement du droit, du social et de la modernisation de la capitale.
Le sort des habitants de Pakadjuma s’est invité au cœur des échanges gouvernementaux.
Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a reçu un collectif de députés nationaux de Mont Amba pour discuter des conséquences sociales du déguerpissement en cours dans ce quartier populaire de Kinshasa.
La délégation était conduite par les élues Dorothée Madiya et Eyanga Mboyo Venance, venues exposer « les conditions de précarité » dans lesquelles se retrouvent de nombreuses familles après l’opération menée par l’Hôtel de Ville.
Un projet urbain à fort impact social
À l’origine de la mesure, la volonté des autorités provinciales de libérer l’emprise ferroviaire au profit de la Société commerciale des transports et des ports (SCTP), dans le cadre du programme de remise en circulation des trains urbains. Objectif affiché : fluidifier la mobilité et désengorger une capitale régulièrement paralysée par les embouteillages.
Mais sur le terrain, le projet a des répercussions immédiates : déplacements forcés, perte d’abris, incertitudes sur le relogement. Les parlementaires ont insisté sur « la vulnérabilité accrue » des populations concernées et la nécessité d’un accompagnement.
Légalité de l’action, exigence d’encadrement
Durant plus d’une heure, les discussions ont porté sur la conciliation entre cadre juridique et respect des droits fondamentaux.
Selon le ministre, l’opération est « juridiquement valable », les occupants étant installés de manière irrégulière sur le site. Pour autant, a-t-il souligné, la dimension humaine ne peut être ignorée.
À en croire Samuel Mbemba Kabuya, « une piste de solution est envisagée et sera débattue à la prochaine réunion du Conseil des ministres ». L’objectif : proposer des mesures d’encadrement et d’assistance, afin d’éviter que le déguerpissement ne se traduise par une crise sociale plus profonde.
Les députés ont, pour leur part, salué « la promptitude et l’implication » du ministre, appelant à une réponse rapide.
Entre droit et responsabilité sociale
Chargé de la promotion et de la protection des droits des citoyens, le ministère des Droits humains ne se place pas dans une logique de contestation de la décision de la Ville, mais dans celle d’un arbitrage social. Une ligne étroite, dans un contexte où les politiques d’aménagement urbain se heurtent régulièrement à la réalité des quartiers informels.
À Pakadjuma, la modernisation des infrastructures ferroviaires se joue désormais autant sur les rails que sur le terrain social. Pour l’exécutif, le défi consiste à prouver qu’efficacité urbaine et protection des populations vulnérables peuvent avancer de concert.
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