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17 mai, 2026 - 20:39:01
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Emploi mondial : Ajay Banga alerte sur l’urgence de créer des emplois pour 1,2 milliard de jeunes

Un défi démographique d’une ampleur inédite se profile à l’horizon mondial. Dans un éditorial programmatique, le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, met en garde contre l’écart croissant entre l’arrivée massive de jeunes sur le marché du travail et la capacité actuelle des économies à absorber cette main-d’œuvre. D’ici quinze ans, 1,2 milliard de jeunes issus des pays en développement chercheront un emploi, alors que les projections n’envisagent que 400 millions de postes disponibles. Pour le dirigeant de l’institution de Bretton Woods, l’inaction ouvrirait la voie à des crises sociales, migratoires et sécuritaires, tandis qu’un investissement rapide dans les infrastructures, l’éducation et le secteur privé pourrait transformer cette pression démographique en moteur de croissance et de stabilité. Sa stratégie repose sur un triptyque : infrastructures, climat des affaires et soutien direct aux entreprises, avec un ciblage des secteurs à fort potentiel d’emplois.

Dans un éditorial consacré à la création d’emplois à l’échelle mondiale, le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, appelle à une action rapide pour faire face à l’arrivée annoncée de 1,2 milliard de jeunes sur le marché du travail dans les pays en développement au cours des dix à quinze prochaines années.

En fonction depuis le 2 juin 2023, le 14ᵉ président de l’institution de Bretton Woods inscrit son mandat dans la lutte contre la pauvreté, la promotion du développement durable et la réforme du Groupe afin de répondre aux défis mondiaux.

Entre crises immédiates et transformations silencieuses

Ajay Banga souligne que le monde est simultanément traversé par des crises spectaculaires, qualifiées d’ondes « haute fréquence », et par des transformations plus lentes mais structurantes, dites « basse fréquence », dont la dynamique démographique. Selon lui, négliger ces dernières reviendrait à ignorer des forces capables de remodeler durablement les sociétés.

Le principal défi réside dans l’écart entre la croissance de la population active et la capacité des économies à créer des emplois. Les trajectoires actuelles ne prévoient qu’environ 400 millions de postes, laissant un déficit potentiel considérable.

Les risques d’une inaction prolongée

Le président de la Banque mondiale estime que l’absence de réponses adaptées pourrait accentuer les pressions sur les institutions, favoriser les migrations irrégulières et alimenter les conflits et l’insécurité. À l’inverse, investir dans le capital humain et l’emploi productif constituerait un levier de stabilité et de prospérité.

Trois leviers pour créer des emplois

La stratégie du Groupe de la Banque mondiale repose sur trois piliers principaux. Le premier consiste à développer des infrastructures physiques et humaines — énergie, transport, santé, éducation — afin de rendre possible l’investissement privé. Ajay Banga cite l’exemple d’un centre de formation professionnelle à Bhubaneswar, en Inde, qui forme près de 38 000 personnes par an en fonction des besoins du marché.

Le deuxième pilier vise à instaurer un environnement favorable aux entreprises, avec des règles claires et prévisibles, condition essentielle pour encourager l’investissement, en particulier des micros, petites et moyennes entreprises, principaux pourvoyeurs d’emplois.

Enfin, le troisième axe consiste à aider les entreprises à se développer à grande échelle grâce aux instruments financiers du Groupe, notamment les garanties et les assurances contre les risques. Une garantie de financement du commerce accordée à Banco do Brasil a ainsi permis de mobiliser environ 700 millions de dollars en faveur des petites entreprises, notamment agricoles.

Des secteurs clés ciblés

L’éditorial met en avant plusieurs secteurs à fort potentiel d’emplois : infrastructures et énergie, agro-industrie, santé primaire, tourisme et industrie manufacturière à valeur ajoutée.

Pour Ajay Banga, l’enjeu central consiste à agir dès maintenant afin d’orienter la dynamique démographique vers une opportunité plutôt qu’une source de crises. L’approche défendue se veut fondée sur des preuves et des arbitrages visant à maximiser l’impact, tout en réduisant les risques : réels ou perçus qui freinent l’investissement dans les pays en développement.

En filigrane, le message est clair : attendre reviendrait à subir des tensions prévisibles, alors qu’une mobilisation précoce pourrait transformer la pression démographique en moteur de croissance mondiale.

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