Dans le territoire de Kazumba, au Kasaï-Central, le centre de santé Kambulu 1, unique structure médicale d’une vaste zone rurale, se trouve dépassé par l’afflux de patientes enceintes. Faute de lits, de matelas et de moustiquaires imprégnées, des femmes accouchent dans des conditions jugées alarmantes, parfois contraintes de partager un lit, de passer la nuit sur des bancs ou à même le sol. Témoignages de mères, aveux du personnel médical et appels des habitants convergent pour décrire une situation sanitaire critique, exposant mères et nouveau-nés à des risques accrus d’infections et de paludisme. Dépendant de la zone de santé de Mikalayi et confronté à des moyens limités, l’établissement peine à assurer un accueil digne malgré son rôle vital pour plusieurs villages environnants. Face à cette urgence, la population appelle les autorités à intervenir rapidement afin de renforcer l’équipement et améliorer la prise en charge maternelle dans cette région enclavée.
Au village de Kambulu, dans le groupement de Bena Nganza, secteur de Bulungu, territoire de Kazumba, les conditions d’accouchement au centre de santé Kambulu 1 suscitent une vive inquiétude. Unique structure médicale de cette zone rurale du Kasaï-Central, l’établissement fonctionne avec des moyens limités et peine à faire face à l’afflux de femmes enceintes venues de plusieurs villages environnants.
Lundi 16 février, des patientes et leurs familles ont tiré la sonnette d’alarme, dénonçant notamment le manque de lits, l’insuffisance de matelas et l’absence de moustiquaires imprégnées. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, certaines femmes sont contraintes de partager un lit après l’accouchement, tandis que d’autres passent la nuit sur des bancs ou à même le sol, dans une promiscuité jugée préoccupante.
« Après l’accouchement, nous sommes parfois deux sur un même lit », confient deux jeunes mères, évoquant des conditions difficiles pour elles et leurs nouveau-nés. Une autre accouchée raconte avoir été invitée à partager un lit déjà occupé, chacune accompagnée de son nourrisson, sans protection contre les moustiques, ce qui faisait craindre des maladies pour son enfant.
Un établissement dépassé par la demande
À l’intérieur du centre, l’infrastructure apparaît modeste, composée de salles exiguës et d’un mobilier limité. Des habitants expliquent que l’établissement accueille des patientes provenant de nombreux villages, une affluence qui dépasse largement ses capacités.
Un notable de la localité déplore une situation persistante, marquée par un manque chronique d’équipements essentiels. Selon lui, les femmes accouchent dans des conditions pénibles et les nouveau-nés sont exposés très tôt au paludisme, constituant un risque majeur pour la santé maternelle et infantile.
Le personnel médical reconnaît les insuffisances
Du côté du personnel soignant, les difficultés sont également admises. Un infirmier, s’exprimant sous anonymat, affirme que l’équipe fait de son mieux avec les moyens disponibles, mais souligne l’insuffisance d’équipements face au nombre élevé d’accouchements, notamment la nuit.
Un responsable du centre précise que la structure dépend de la zone de santé rurale de Mikalayi et regrette la lenteur des appuis matériels attendus. Il insiste sur l’urgence de doter la maternité de lits, matelas et moustiquaires afin d’assurer un accueil plus digne aux femmes enceintes.
Face à cette situation, les habitants appellent les autorités sanitaires et politico-administratives à intervenir rapidement pour renforcer l’équipement du centre de santé Kambulu 1 et améliorer la prise en charge des mères et des nouveau-nés dans cette partie enclavée du Kasaï-Central.
Stony Mulumba, correspondant à Kananga

