À une semaine de la marche annoncée par la coalition Article 64 (C64), le débat politique se durcit en République démocratique du Congo. Invité de Télé 50, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a qualifié d’« acte de haute trahison » l’appel de l’opposition à la démission du président Félix Tshisekedi, estimant qu’une telle démarche compromet les intérêts du pays dans un contexte marqué par la guerre dans l’est. En face, la C64 maintient sa mobilisation, affirmant que sa manifestation du 8 juillet vise à défendre la Constitution, l’État de droit et l’ordre constitutionnel.
Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a vivement réagi à l’annonce de la marche que la coalition Article 64 (C64) prévoit d’organiser le 8 juillet à Kinshasa pour réclamer la démission du président Félix Tshisekedi. Intervenant dimanche 28 juin sur la chaîne Télé 50, il a estimé que cet appel constitue un « acte de haute trahison » au regard du contexte sécuritaire que traverse la République démocratique du Congo.
Selon le patron de l’Intérieur, le chef de l’État exerce ses fonctions de commandant suprême des Forces armées alors que les opérations militaires se poursuivent dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu face à la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda, selon les autorités congolaises.
« Vous annoncez aux Congolais que vous allez démettre le commandant suprême des Forces armées congolaises, alors qu’il dirige les opérations sur le front du Kivu contre l’armée rwandaise (…). Ce sont des actes de haute trahison », a déclaré Jacquemain Shabani.
Le vice-Premier ministre s’est interrogé sur les conséquences d’une telle initiative dans le contexte actuel.
« Lorsqu’on cherche à écarter le commandant suprême des Forces armées, qui est le premier bénéficiaire d’une telle action ? N’est-ce pas le commandant de l’armée rwandaise ? », a-t-il ajouté.
Une lecture politique du contexte
Au cours de la même émission, Jacquemain Shabani a également mis en avant ce qu’il considère comme l’existence d’un espace démocratique permettant à l’opposition d’exprimer librement ses positions.
« C’est peut-être parce qu’à la tête de ce pays se trouve une mouvance issue du combat pour la liberté et la démocratie, l’UDPS. Il y a quelques années, sous d’autres régimes, sortir d’une réunion pour tenir de tels propos dans le contexte actuel n’aurait probablement pas été possible », a soutenu le vice-Premier ministre.
Cette déclaration intervient alors que les tensions politiques restent alimentées par le débat autour du projet de réforme constitutionnelle et de la loi fixant les modalités d’organisation du référendum, définitivement adoptée par le Parlement le 15 juin dernier, avant la clôture de la session ordinaire.
La C64 maintient son appel à manifester
De son côté, la coalition Article 64, qui regroupe notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et Augustin Matata Ponyo, poursuit sa mobilisation contre cette réforme qu’elle juge contraire à la Constitution.
Après l’échec du sit-in organisé le 12 juin devant le Palais du Peuple, la plateforme a annoncé une marche pacifique le 8 juillet afin d’exiger la démission du chef de l’État.
Dans une correspondance adressée au gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, les organisateurs précisent que cette manifestation vise à « exprimer l’attachement des citoyens au respect de la Constitution, à la défense de l’État de droit et à la préservation de l’ordre constitutionnel de la République », avant la remise d’un mémorandum au président de la République au Palais de la Nation.
Infos27

