Le gouvernement congolais s’emploie à dissiper les doutes sur sa discipline budgétaire. Reçue à Kinshasa par la Première ministre Judith Suminwa, une délégation du Fonds monétaire international (FMI) conduite par l’administrateur du Groupe Afrique III, Regis O. N’sonde, s’est dite rassurée par les engagements de l’exécutif sur la maîtrise de la masse salariale publique, identifiée comme un risque majeur pour l’équilibre des finances. Au cœur des échanges : l’évolution du programme triennal liant la RDC à l’institution de Bretton Woods, dans un contexte marqué par les pressions sécuritaires à l’Est et les incertitudes économiques mondiales. Kinshasa assure vouloir maintenir le cap des réformes, notamment en matière de mobilisation des recettes internes et de rationalisation des dépenses. Pour les autorités, il s’agit de consolider la stabilité macroéconomique tout en préservant les marges nécessaires au financement des priorités nationales. Un signal destiné à conforter la confiance des partenaires financiers internationaux.
La Première ministre, Judith Suminwa, a reçu jeudi 26 février à Kinshasa l’administrateur du Groupe Afrique III du Fonds monétaire international (FMI), Regis O. N’sonde, accompagné de son adjoint Jephté Kibidikila Nsumbu, pour une séance de travail consacrée à la situation macroéconomique de la République démocratique du Congo et à l’évolution du programme triennal en cours avec l’institution financière internationale.
En mission officielle dans la capitale congolaise, la délégation du FMI est venue évaluer l’état d’avancement du partenariat avec Kinshasa, notamment dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), instruments financiers destinés à soutenir la stabilité économique et les réformes structurelles.
« Nous représentons 17 pays au Conseil d’administration du FMI et nous avons eu l’honneur d’être reçus par Madame la Première ministre. Nous avons effectué un tour d’horizon de la situation économique du pays, notamment dans le contexte du programme que la RDC met en œuvre en coordination avec le FMI », a déclaré Regis O. N’sonde à l’issue de l’audience.
Les discussions ont également porté sur les défis susceptibles d’affecter l’exécution du programme, notamment la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est du pays et les incertitudes politiques et économiques internationales. « Nous avons examiné ces questions afin de nous assurer que le programme reste sur la bonne voie », a ajouté le responsable du FMI.
Mobilisation des ressources internes au cœur des réformes
La question de la mobilisation des recettes domestiques a occupé une place centrale dans les échanges. Le FMI entend renforcer son appui technique à la RDC pour améliorer l’efficacité de son système fiscal et accroître les ressources internes, levier jugé indispensable pour réduire la dépendance aux financements extérieurs.
« La mobilisation des ressources internes est un point crucial. La RDC a réalisé des progrès significatifs, reconnus lors de la deuxième revue du programme en décembre dernier. Cependant, les efforts doivent se poursuivre, compte tenu de l’ampleur des besoins de financement », a souligné Regis O. N’sonde.
La masse salariale, principal point d’attention
Identifiée par le FMI comme un risque budgétaire majeur, la question de la masse salariale publique a été au centre des préoccupations. La délégation s’est toutefois déclarée rassurée par les engagements de l’exécutif congolais à maîtriser les dépenses.
« Nous avons été rassurés par les explications de Madame la Première ministre. Il existe une volonté ferme de maintenir le cap sur la mobilisation des ressources et la maîtrise des dépenses, y compris la masse salariale », a affirmé l’administrateur du FMI, indiquant que ce message sera transmis au Conseil d’administration de l’institution.
Engagée depuis janvier 2025 dans un programme triennal avec le FMI, la RDC bénéficie d’un appui financier global comprenant environ 1,7 milliard de dollars au titre de la FEC et près d’un milliard de dollars dans le cadre de la FRD. Ce dispositif vise à soutenir la stabilité macroéconomique, renforcer la résilience face aux chocs externes et accompagner les réformes structurelles du pays.
En rassurant son partenaire financier sur la gestion des finances publiques, Kinshasa cherche à consolider la crédibilité de son programme économique et à préserver l’accès aux financements internationaux nécessaires à son développement.
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