Président « élu » en 2018 et candidat incertain en 2023, Martin Fayulu a rarement fait preuve d’une telle absence de hauteur. Cela se reflète clairement dans son message « à la nation » du 30 décembre 2024. Incapable de rallier l’opinion après avoir bénéficié autrefois d’une popularité d’emprunt portée par un idéal politique finalement dévoyé, il s’empresse de désigner un bouc émissaire : une tribu, celle du président de la République, les Luba du Kasaï, qu’il accuse sans détour d’accaparer tous les postes privilégiés de l’État. Selon lui, cette communauté envahirait également les grandes villes de Kinshasa et de Lubumbashi, non seulement pour asseoir leur influence tribale, mais aussi pour déstabiliser les manifestations de l’opposition et les actions de résistance.
Avec de telles déclarations, d’une flagrante outrance, le président du parti ECIDE touche le nadir de la bassesse. Privé de capital de confiance, ou ayant dilapidé celui dont il disposait, il semble, en incitant à la haine tribale, chercher à provoquer un incident susceptible de piéger le pouvoir, espérant ainsi rebondir politiquement.
« Nous observons un repli identitaire au sommet de l’Etat avec une opposition constante entre les frères dits « de sang » et d’autres « compatriotes ». Une seule tribu bénéficie de nominations privilégiées dans les postes étatiques. On constate également des flux migratoires savamment orchestrés vers Kinshasa et Lubumbashi, dans le but de renforcer une influence tribale et de déstabiliser les manifestations de l’opposition et de la résistance. Nous refusons que nos frères et sœurs soient instrumentalisés à des fins machiavéliques et purement politiciennes ». Tels sont, entre autres, les propos farfelus et extravagants tenus par Martin Fayulu dans son message pré cité ; lesquels propos puent l’incitation à la haine tribale et sont indignes d’une personne qui rêve de présider à la destinée de ce mini-continent constitué d’une myriade de tribus appelées à un vivre-ensemble pour constituer véritablement une nation, ainsi que gravé dans l’hymne national.
Ce n’est pas la première fois que le président de l’ECIDE tient un discours aussi dangereux. Il était prêt à embraser la ville de Kinshasa après la publication des résultats de la présidentielle 2018 ayant proclamé Félix Tshisekedi président de la République. Au motif que ce dernier lui a volé sa victoire, il avait, sans scrupules, lancé un mot d’ordre appelant à « tuer le Luba et à épargner le serpent », reprenant ainsi en chœur une rengaine connue et entonnée par des énergumènes dans les rues de Kinshasa. Ce qui, en fait, était une incitation à la haine tribale.
De moindre échelle, certaines scènes macabres furent enregistrées à Kinshasa et à Kikwit ; la population s’étant, dans sa grande majorité, refusée d’adhérer à une initiative aussi bien funeste que désolante, un piège sans fond. Des images insoutenables s’y rapportant furent balancées à profusion dans les réseaux au point que le Ministère public, interpellé, engagea une action judiciaire contre le président « élu ». Mais, de dizaines de milliers de Kinois se lèveront pour constituer un bouclier hu

