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9 mars, 2026 - 23:55:55
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À l’ONU, Judith Suminwa alerte : les femmes de l’Est de la RDC paient le prix de la guerre

À la tribune des Nations unies, à New York, la Première ministre congolaise Judith Suminwa Tuluka a placé la question des violences faites aux femmes au cœur du débat international. Intervenant lors de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme, organisée en marge de la Journée internationale des droits des femmes, la cheffe du gouvernement a dénoncé les exactions subies par les femmes et les jeunes filles dans l’Est de la République démocratique du Congo, dans un contexte de conflit armé. Tout en appelant la communauté internationale à transformer ses engagements en actions concrètes, elle a également mis en avant les réformes engagées par Kinshasa pour renforcer la participation politique et l’autonomisation économique des femmes.

La République démocratique du Congo a porté, lundi 9 mars, la voix des femmes vivant dans les zones de conflit à la tribune des Nations unies. En déplacement aux États-Unis, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka participe à la célébration de la Journée internationale des droits des femmes et à la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme, organisée autour du thème : « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles ».

À travers ce thème, l’Organisation des Nations unies appelle les États à renforcer leurs engagements en faveur de l’égalité, de la justice et de l’autonomisation des femmes. Plusieurs dirigeants et responsables internationaux ont pris la parole pour dresser l’état des lieux des droits des femmes dans le monde.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a notamment dénoncé une régression préoccupante en matière d’égalité, rappelant que les femmes ne disposent aujourd’hui que de 64 % des droits juridiques reconnus aux hommes.

Les violences dans l’Est au centre de l’intervention congolaise

Prenant la parole à son tour, la Première ministre congolaise a choisi de placer au centre de son intervention la situation des femmes dans l’Est de la RDC, région marquée par les violences armées et les déplacements massifs de populations.

« Depuis l’agression menée par le Rwanda et soutenue par le groupe M23/AFC, les femmes et les jeunes filles dans les zones touchées subissent des violences graves, des déplacements et une crise humanitaire qui affecte profondément leur vie et leur avenir », a déclaré Judith Suminwa Tuluka devant les représentants des États membres.

La cheffe du gouvernement a insisté sur le fait que les conflits armés ont des conséquences différenciées selon le genre, les femmes étant souvent les premières victimes des violences sexuelles et des déplacements forcés.

« Les violences faites aux femmes ne doivent être ni invisibilisées ni banalisées. Elles doivent être reconnues et combattues avec détermination », a-t-elle affirmé.

Des réformes engagées en RDC

Tout en dénonçant la situation sécuritaire à l’Est du pays, la Première ministre a également mis en avant les progrès enregistrés par la RDC en matière de promotion des droits des femmes, sous l’impulsion du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, reconnu en Afrique comme champion de la masculinité positive.

Selon elle, la participation des femmes aux instances de décision a connu une progression notable ces dernières années.

« La participation des femmes dans les sphères décisionnelles est passée de 21 % en 2021 à 32 % en 2024, notamment avec un gouvernement dirigé pour la première fois par une Première ministre », a-t-elle souligné.

Le gouvernement congolais dit également vouloir renforcer l’autonomisation économique des femmes, notamment à travers le soutien à l’entrepreneuriat féminin et l’accès aux opportunités offertes par le Programme de développement local des 145 territoires.

Judith Suminwa Tuluka a aussi rappelé l’importance de la réforme du Code de la famille adoptée en 2016, qui a supprimé certaines dispositions jugées discriminatoires, notamment l’autorisation maritale limitant l’autonomie des femmes. Cette révision a également fixé l’âge légal du mariage à 18 ans pour les filles comme pour les garçons afin de lutter contre les unions précoces.

Un appel à la responsabilité internationale

Devant la Commission de la condition de la femme, la cheffe du gouvernement congolais a invité la communauté internationale à mesurer l’écart persistant entre les engagements pris en matière d’égalité et la réalité vécue par des millions de femmes dans le monde.

Trente ans après la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, a-t-elle rappelé, les femmes vivant dans les zones de conflit continuent de subir les violences les plus extrêmes.

« L’égalité entre les femmes et les hommes ne peut être un principe proclamé dans les textes ; elle doit devenir une réalité vécue dans la vie quotidienne de chaque femme et de chaque fille », a conclu Judith Suminwa Tuluka.

La veille de son départ pour New York, la Première ministre avait participé à Kinshasa, aux côtés de la Première dame Denise Nyakeru Tshisekedi, à la célébration officielle de la Journée internationale des droits des femmes. Placée sous le thème national « Droits garantis : autonomisation durable pour toutes les femmes et les filles », la cérémonie avait été l’occasion pour la cheffe du gouvernement de rappeler que l’émancipation des femmes ne constitue « ni un privilège ni un cadeau », mais un impératif pour l’ensemble de la société.

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