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Guerre au Moyen-Orient : l’économie mondiale en danger ! 

Depuis les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le Moyen-Orient s’embrase et les cours du brut s’envolent. Les Gardiens de la révolution revendiquent le contrôle total du détroit d’Ormuz, ce goulet par lequel transite près de 20% du pétrole et du gaz mondial. En quelques jours, le conflit s’est étendu aux principales zones de production du Moyen-Orient. L’escalade militaire perturbe déjà le transport maritime de marchandises et des matières premières. Si cette crise perdure, elle pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’économie mondiale.  

Depuis le 28 février 2026, l’Iran bloque le détroit d’Ormuz en réponse aux frappes menées par les États-Unis et Israël. Ce passage maritime est stratégique : près de 20% du pétrole mondial et une part importante du gaz naturel liquéfié y transitent chaque jour : fermer le détroit d’Ormuz, c’est couper l’oxygène énergétique de la planète entière. Ce blocage, l’un des principaux moyens de pression de l’Iran, fait peser le risque d’un choc des prix de l’énergie à long terme.

Le détroit d’Ormuz, long de 50km et large d’environ 40km dans sa partie la plus étroite, est l’un des points de passage maritime les plus stratégiques au monde. Situé entre l’Iran au nord et les Émirats arabes unis ainsi que le sultanat d’Oman au sud, il relie le golfe Persique au golfe d’Oman et à l’océan Indien. Ce bras de mer joue un rôle vital dans l’économie mondiale, en particulier dans le secteur énergétique.

Hausse des prix du pétrole

Dans le détroit d’Ormuz, les pétroliers sont attaqués par les Gardiens de la révolution. En conséquence de ces frappes, les cours du pétrole se sont envolés à un niveau historique, avec derrière la peur de l’inflation. Lundi 9 mars, le baril de pétrole accusait une hausse de son cours d’environ 30%. Et ce, à une vitesse jamais vu en si peu de temps, depuis la guerre en Ukraine en février 2022. Les prix du pétrole chutent de 10%, mardi 10 mars, après des propos de Donald Trump assurant que le conflit avec l’Iran est « quasiment » finie. Pour vu que ça dure, comme dit l’autre !

Les installations portuaires sont également prises pour cible, au moins cinq ports ont été touchés, de sorte que les navires ne sont actuellement pas en mesure d’effectuer des changements d’équipage.

Depuis lundi 2 mars, seulement neuf navires de transport, dont certains camouflent par moment leur position, ont été détectés traversant le détroit, selon des données maritimes analysées par l’AFP.

Situation inédite

Le blocage prolongé du détroit d’Ormuz pourrait mettre à mal l’économie mondiale, même si certains pays disposent de réserves stratégiques susceptibles d’amortir le choc à court terme. Il est évident que l’Iran tient entre ses mains une arme économique potentiellement aussi dévastatrice que ses missiles.

Le « gel » actuel du transit à Ormuz est « sans précédent ». Le détroit d’Ormuz n’avait jusqu’ici jamais été fermé. Même pendant la guerre du Golfe, il n’y a jamais eu d’arrêt total des échanges via le détroit d’Ormuz. Pendant la guerre Iran-Irak, entre 1980 et 1988, il y’a eu des attaques de pétroliers, mais le passage commercial a été maintenu. Le monde fait face à une situation inédite et dont il est impossible de prédire l’issue.

Le détroit d’Ormuz est donc au centre de l’attention mondiale. Il a d’ailleurs été classé, jeudi 5 mars dernier, « zone d’opérations de guerre » par le secteur maritime. Les Gardiens de la révolution en ont revendiqué, mercredi 4 mars, le contrôle total.

Dépendance mondiale

La guerre au Moyen-Orient rappelle la dépendance mondiale au pétrole et au gaz. La Chine, dont l’économie dépend fortement des hydrocarbures des pays du Golfe, importe 57% de son brut depuis le Moyen-Orient, notamment de l’Arabie saoudite, de l’Iran, de l’Irak, d’Oman et des Émirats arabes unis.

Pékin a certes les moyens d’atténuer le choc, ses stocks lui permettent de tenir une période estimée à trois mois et trois semaines. La Chine pourrait également augmenter ses importations de pétrole russe pour limiter les conséquences d’un blocage à Ormuz.

Reste que cette crise met en lumière les problèmes de dépendance de la Chine au Moyen-Orient. Une dépendance dont Pékin essaie de s’affranchir en développant ses propres sources d’énergie, notamment renouvelables.

En ce qui concerne le Japon, plus de 90% de l’or noir qu’il importe provient de cette région, plus de 70% pour la Corée du Sud. Celui-ci passe essentiellement par le détroit d’Ormuz. En Asie du Sud-Est, des pays comme la Thaïlande, le Vietnam et la Malaisie importent plus de la moitié de leur pétrole brut des pays du Golfe.

À propos des États-Unis, les principaux pays d’importation sont l’Arabie saoudite et l’Irak.

Quant à l’Union européenne, elle est particulièrement touchée, car environ 30% des importations de gasoil et de diesel avant la guerre provenaient du Moyen-Orient. Ce n’est donc pas un hasard si, lundi 9 mars, le président français, Emmanuel Macron, à l’occasion d’un discours prononcé depuis la base de Paphos à Chypre, pays membre de l’Union européenne, victime d’attaques liées au conflit au Moyen-Orient, a annoncé une « mission défensive » pour permettre la réouverture du détroit d’Ormuz. La fermeture durable du détroit d’Ormuz affecterait gravement les chaines de valeur industrielles européennes.

Et si la situation au Moyen-Orient perdure, elle pourrait également avoir un impact en matière de sécurité alimentaire. Ce lieu de passage est également vital pour les importations des pays du Moyen-Orient. Entre 15 et 20 millions de tonnes de grains – blé, maïs, tournesol, colza – passent chaque année par ce détroit.

L’Afrique doit craindre le pire  

De nombreux pays africains suivent de près l’évolution de la situation au Moyen-Orient, craignant une hausse des prix de l’énergie et des perturbations dans les chaines d’approvisionnement mondiales.

Le blocage du détroit d’Ormuz et la reconfiguration des routes maritimes pourraient entraîner des coûts supplémentaires pour les économies africaines. Même les pays producteurs de pétrole, comme le Nigéria, l’Angola, l’Algérie, l’Égypte et la Libye, ne sont pas totalement à l’abri, car plusieurs d’entre eux restent dépendants des importations de produits pétroliers raffinés. Ils exportent leur matière première à l’autre bout du monde, et ils rachètent du carburant, du kérosène, du bitume à des prix fixés par des marchés sur lesquels ils n’ont que très peu d’influence.

La fermeture du détroit d’Ormuz agit comme un révélateur. Elle met en lumière le décalage profond qui existe entre la richesse en ressources du continent africain et sa capacité à les transformer en levier de développement. Les Africains continuent à dépendre des circuits qu’ils ne contrôlent pas, pour des ressources qu’ils possèdent.

L’Afrique doit craindre le pire, car la situation au Moyen-Orient pourrait perdurer, voire s’aggraver. Au 12ème jour de guerre, l’hypothèse d’un conflit court s’éloigne. La hausse des prix du pétrole, liée aux tensions dans le détroit d’Ormuz, entrainerait l’augmentation des coûts de l’énergie et du transport, accroitrait l’inflation et affaiblirait le pouvoir d’achat des ménages. Une situation qui serait difficile pour les populations.

Robert Kongo, correspondant en France

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