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Kinshasa
1 mai, 2026 - 21:16:22
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La fin des illusions dans l’Est [Edito]

Les lignes bougent. La RDC et le Rwanda ont acté des « mesures concrètes ». Le mot compte. Il engage. Il oblige.

Le fait est là. Deux États se parlent. Deux États négocient. Deux États s’engagent sur des points précis : souveraineté, désengagement militaire, actions sécuritaires ciblées. Le reste, désormais, apparaît pour ce qu’il est. Secondaire.

C’est le premier enseignement. Le conflit de l’Est n’est pas une simple crise locale. Il n’est pas le produit autonome de groupes armés épars. Il est, avant tout, une question d’équilibre entre États. Washington n’a fait que formaliser cette évidence.

Kinshasa, sur ce point, n’a pas varié. Elle a tenu une ligne. Constante. Cohérente. Souvent contestée. Aujourd’hui, elle est validée dans les faits. L’absence de l’AFC/M23 à la table décisive n’est pas un détail. C’est un signal. Fort.

Car enfin, si la paix dépend d’un désengagement rwandais, que reste-t-il de la prétendue autonomie de cette rébellion ? La réponse est implicite. Et elle dérange.

Deuxième enseignement : la RDC avance. Elle accepte un cadre. Elle consent à des efforts ciblés contre les FDLR. Elle s’inscrit dans une logique d’engagements réciproques. Ce n’est pas un renoncement. C’est un choix stratégique. Celui de replacer le droit et la souveraineté au centre du jeu.

Dans le même temps, les sanctions américaines contre des responsables rwandais ne sont pas anodines. Elles installent une pression. Elles dessinent une responsabilité. Elles rappellent que le temps de l’ambiguïté se réduit.

Mais il faut rester lucide. Les accords, dans cette région, ont souvent promis plus qu’ils n’ont tenu. Le terrain, lui, résiste. Les intérêts persistent. Les réseaux survivent. Rien n’est acquis.

Tout dépendra de l’exécution. Du calendrier. De la vérification. Un désengagement annoncé n’est pas un désengagement effectif. Une souveraineté proclamée n’est pas une souveraineté respectée.

Alors oui, il faut saluer l’effort congolais. Il est réel. Il est structuré. Il est, surtout, politiquement cohérent. Mais il faut aussi le protéger. L’encadrer. L’exiger.

La communauté internationale est désormais face à ses responsabilités. Accompagner ne suffit plus. Il faut garantir. Surveiller. Sanctionner, si nécessaire.

Quant à ceux qui ont fait le pari d’une guerre par procuration, le message est clair : le centre de gravité s’est déplacé. Et quand les États reprennent la main, les acteurs intermédiaires perdent la leur.

Le temps diplomatique est lancé. Reste à savoir s’il ira jusqu’à son terme. Ou s’il s’arrêtera, une fois de plus, au seuil du réel.

Infos27

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