L’incident de sécurité survenu à Washington autour de la Première Dame de la RDC prend une dimension plus sensible. Une tentative d’intrusion impliquant des ressortissants rwandais a été déjouée, selon une source officielle, tandis que des accusations relayées sur les réseaux sociaux pointent un officier des RDF. Entre la version de Kinshasa, qui évoque une atteinte grave, et celle de Kigali, qui parle d’un simple incident, l’affaire cristallise des tensions diplomatiques latentes et soulève des enjeux de sécurité bien au-delà du cadre protocolaire.
L’incident de sécurité survenu le 24 mars 2026 à Washington D.C. autour de la Première Dame de la République démocratique du Congo prend une tournure plus grave à mesure que de nouveaux éléments émergent. Selon une communication officielle, une « tentative d’intrusion de ressortissants rwandais dans les quartiers de la Première Dame » a été « interceptée et empêchée par le dispositif de sécurité en place ».
Présente aux États-Unis dans le cadre d’un sommet international des Premières dames, à l’invitation de ses homologues américains, Denise Nyakeru Tshisekedi n’a pas été physiquement atteinte. Mais l’incident est qualifié d’« atteinte grave à la sécurité d’une haute personnalité congolaise », immédiatement signalée aux autorités américaines, saisies pour faire toute la lumière sur les faits.
« Au regard des circonstances, cet incident ne saurait être banalisé ni réduit à un simple malentendu », insiste la même source, soulignant que ces événements « s’inscrivent dans un contexte où certains comportements déjà documentés d’acteurs étatiques (…) appellent à la plus grande vigilance ».
Ces éléments viennent renforcer la version initiale présentée par le gouvernement congolais. À Bandundu-ville, en marge de la 13ᵉ Conférence des gouverneurs, le porte-parole Patrick Muyaya avait évoqué une tentative d’intrusion sans en préciser les auteurs. « Des individus en cours d’identification ont essayé de pénétrer dans l’hôtel », avait-il déclaré, ajoutant que Kinshasa restait « en contact très étroit avec les autorités américaines ».
Parallèlement, une polémique a émergé sur les réseaux sociaux. Dans un message largement relayé, la Révérende Christine Colemane affirme : « Il se dit que le colonel Bazatoha Raoul (…) serait la personne venue récupérer les agents rwandais impliqués ». Elle ajoute : « Si cela est vrai, il devrait être expulsé ! ». Ces accusations, à ce stade non confirmées officiellement, alimentent toutefois les tensions.
En réaction, l’ambassade du Rwanda aux États-Unis a livré une version nettement différente. Elle évoque un incident mineur entre équipes de sécurité dans un hôtel « accessible à tous les clients ». « Un membre non armé (…) a croisé par hasard des agents de sécurité d’une délégation de la RDC », affirme la représentation diplomatique, précisant que la situation a été « résolue sans autre escalade ».
Cette divergence d’interprétation met en évidence la sensibilité diplomatique de l’affaire. Entre une tentative d’intrusion qualifiée de grave par Kinshasa et un simple malentendu selon Kigali, les faits restent au cœur d’investigations en cours.
Sur le plan politique, l’incident intervient dans un contexte de tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda, notamment en lien avec la situation sécuritaire dans l’Est du pays. La mention de « comportements extraterritoriaux » dans la communication congolaise renforce la portée de l’événement, au-delà du seul cadre sécuritaire immédiat.
Dans ce climat, les autorités congolaises saluent néanmoins « la réactivité des autorités locales », tout en appelant à une analyse rigoureuse des faits. L’enjeu est désormais d’établir les responsabilités avec précision, afin d’éviter toute escalade diplomatique fondée sur des éléments non vérifiés.
Pendant ce temps, la Première Dame poursuit ses activités à Washington. Elle a notamment pris part aux travaux du « Summit of the Fostering the Future Together Coalition », où elle a recentré ses interventions sur la situation des femmes en RDC. « Tant que le corps des femmes sera utilisé comme arme de guerre, la paix restera hors de portée », a-t-elle rappelé.
Infos27

