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30 avril, 2026 - 03:09:14
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Chine–Afrique : Pékin ouvre son marché sans droits de douane à 53 pays dès mai 2026

Un geste commercial d’ampleur inédite. À partir du 1er mai 2026, la Chine appliquera un tarif douanier zéro à l’ensemble des produits en provenance de 53 pays africains. Annoncée dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine, cette mesure vise à renforcer les échanges et à soutenir l’industrialisation du continent. Présentée comme un levier de développement partagé, elle ouvre aux économies africaines l’accès au vaste marché chinois, tout en redéfinissant les équilibres commerciaux dans un contexte de montée en puissance du Sud global.

La Chine engage une nouvelle étape dans ses relations économiques avec l’Afrique. À compter du 1er mai 2026, Pékin appliquera une politique de tarif douanier zéro sur 100 % des produits taxables en provenance de 53 pays africains entretenant des relations diplomatiques avec elle. Une mesure d’envergure qui marque une évolution significative dans la coopération sino-africaine.

Cette décision intervient dans un contexte de relance des partenariats entre la Chine et le continent africain, à la suite du Sommet de Beijing 2024 du Forum sur la coopération sino-africaine. Elle s’inscrit également dans les premières orientations du 15e Plan quinquennal chinois, axé sur l’ouverture économique et le renforcement des échanges avec les économies du Sud.

En visite officielle en Afrique, le vice-président chinois Han Zheng a souligné la volonté de Pékin de consolider la confiance politique et d’approfondir une coopération « pragmatique ». Sa tournée, qui comprend le Kenya, l’Afrique du Sud et les Seychelles, vise à renforcer l’articulation entre les priorités chinoises et les stratégies de développement des partenaires africains.

Au cœur de cette dynamique, la politique de zéro tarif constitue un levier central. Elle couvre l’ensemble des secteurs économiques, de l’agriculture aux ressources minières, en passant par l’industrie manufacturière, sans quotas ni conditions politiques. Il s’agit d’une première à cette échelle, un grand pays ouvrant intégralement son marché à un continent entier.

Pour les économies africaines, cette ouverture représente une opportunité majeure. Les produits agricoles comme les avocats du Kenya, le miel de Tanzanie, les agrumes d’Afrique du Sud ou les arachides du Sénégal pourront accéder plus facilement au marché chinois, estimé à plus de 1,4 milliard de consommateurs. Des mécanismes tels que les « corridors verts », la dématérialisation des certificats d’origine ou encore la reconnaissance mutuelle des normes sanitaires sont prévus pour faciliter ces échanges.

Au-delà de la réduction des barrières tarifaires, cette initiative pourrait accélérer la transformation économique du continent. Dans plusieurs pays africains, l’agriculture constitue un pilier de l’économie. L’accès au marché chinois est susceptible de stimuler la transformation agroalimentaire, de développer les chaînes logistiques et d’encourager une montée en gamme des productions locales.

Les secteurs industriel et minier devraient également bénéficier de cette ouverture. En facilitant les exportations, la Chine offre aux pays africains des perspectives accrues de valorisation de leurs ressources, tout en soutenant leur intégration dans les chaînes de valeur mondiales.

Pékin présente cette politique comme un engagement durable, et non comme une mesure ponctuelle. Après avoir accordé en 2024 une exonération tarifaire à 33 pays africains les moins avancés, la Chine étend désormais ce dispositif à l’ensemble du continent, confirmant une stratégie progressive.

Dans ses déclarations, Han Zheng a insisté sur les principes guidant cette coopération : absence d’ingérence, respect des souverainetés nationales et promotion d’un développement partagé. Il a également réaffirmé l’attachement de la Chine au multilatéralisme et au rôle central des Nations unies dans la gouvernance mondiale.

Cette initiative intervient dans un contexte où le Sud global cherche à renforcer son poids économique et politique. La coopération sino-africaine évolue ainsi vers une logique plus intégrée, combinant échanges commerciaux, investissements et transferts de compétences.

Pour l’Afrique, l’enjeu est double : tirer parti de cette ouverture pour dynamiser ses économies et consolider sa position dans le commerce international. Pour la Chine, il s’agit de renforcer son rôle de partenaire stratégique du continent.

À travers cette politique de zéro tarif, Pékin propose un modèle de coopération fondé sur l’accès au marché et la complémentarité économique. Reste désormais à mesurer, dans les mois à venir, l’impact concret de cette décision sur les économies africaines et sur l’équilibre des échanges commerciaux à l’échelle mondiale.

Avec CGTN

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