Les scènes de violences qui ont secoué plusieurs quartiers de Kolwezi, dans la province du Lualaba, ont conduit à une riposte sécuritaire rapide. Jeudi 8 janvier, 82 jeunes présentés comme des présumés délinquants ont été interpellés par les forces de l’ordre, à l’issue d’opérations menées dans les localités de Kasulu et Tshamanzaka, épicentres des troubles récents. Présentés au ministre provincial de l’Intérieur, Roy Kaumba, les suspects sont accusés d’avoir profité des manifestations organisées le mardi 6 janvier par des creuseurs artisanaux pour commettre des actes de vandalisme et de pillage. Selon la police, plusieurs exactions leur sont imputées : incendie de trois camions de marque Howo appartenant à des particuliers, destruction de sous-commissariats à Hewa Bora, barricadage de la route nationale n°39, pillage de commerces et saccage de bureaux de police.
Face à l’ampleur des dégâts, l’exécutif provincial affiche une ligne ferme. Le ministre de l’Intérieur a annoncé le déferrement de ces présumés bandits devant les juridictions compétentes, affirmant que « ceux qui sont à la base de la criminalité urbaine répondront de leurs actes devant la justice ». Dans le même temps, il a appelé la population au calme et à une collaboration étroite avec les services de sécurité.
Les violences trouvent leur origine dans les marches de protestation contre un arrêté du ministère des Mines suspendant les activités des entités de traitement cupro-cobaltifères. Des manifestations qui ont dégénéré : deux personnes ont perdu la vie et plusieurs biens publics ont été endommagés, exacerbant les tensions sociales dans cette ville minière stratégique.
Le 7 janvier, des affrontements ont opposé creuseurs artisanaux et forces de l’ordre. Les conséquences ont été immédiates : paralysie partielle des activités commerciales et scolaires à Kolwezi et Fungurume, perturbation du trafic sur l’axe Kolwezi-Lubumbashi, confiscation de marchandises et vandalisme de cinq bus.
Interrogé par Top Congo FM, le président des creuseurs artisanaux du Lualaba, Petit Petit Ngombe, a pris ses distances avec ces violences, assurant que les auteurs des troubles n’étaient pas des creuseurs, mais des « individus infiltrés ». Une déclaration qui illustre la complexité d’une crise où revendications sociales, insécurité urbaine et réponse de l’État s’entremêlent désormais étroitement.
Patient Mubiayi, correspondant à Lubumbashi

