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30 mars, 2026 - 21:01:44
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Clôture de la 13ème Conférence des Gouverneurs : Tshisekedi fixe le cap agricole comme priorité nationale

Bandundu-ville aura servi de tribune à un repositionnement clair des priorités nationales. En clôturant la 13e Conférence des Gouverneurs, le président Félix Tshisekedi a placé la transformation agricole au centre de l’action publique, en la liant directement à la souveraineté, à l’emploi et à la stabilité économique. Face à une insécurité alimentaire persistante touchant des millions de Congolais, le chef de l’État a appelé à des réponses rapides, structurées et coordonnées entre le pouvoir central et les provinces. Dans un discours à la fois stratégique et opérationnel, il a identifié les blocages majeurs, fixé une méthode et chargé le gouvernement de traduire sans délai les recommandations en actions concrètes. Plus qu’une clôture protocolaire, cette séquence marque une volonté de basculement vers une économie productive, avec les provinces comme moteurs.

C’est un message de fond, à la fois politique et économique, qu’a délivré le président de la République, Félix Tshisekedi, en clôturant, venredi 27 mars 2026 à Bandundu-ville, la 13e Conférence des Gouverneurs. Devant les exécutifs provinciaux et les responsables institutionnels, le chef de l’État a placé la transformation du secteur agricole au cœur des priorités nationales.

Dans son allocution, il a rappelé que l’enjeu dépasse largement le cadre sectoriel. « La transformation du secteur agricole, halieutique et pastoral ne saurait être regardée comme une simple politique sectorielle parmi tant d’autres. Elle touche à l’essentiel : la sécurité alimentaire, l’emploi des jeunes, le pouvoir d’achat des ménages (…) et la souveraineté même de la République », a-t-il déclaré.

Une urgence alimentaire aux implications nationales

Le président de la République a dressé un constat préoccupant, soulignant que la RDC reste confrontée à une insécurité alimentaire de grande ampleur, avec des dizaines de millions de personnes en situation de crise ou d’urgence. Face à cette réalité, il a insisté sur la nécessité d’un changement de méthode.

« Nous devons agir vite, mieux nous coordonner et produire davantage avec méthode, constance et responsabilité », a-t-il martelé, appelant à une mobilisation accrue des acteurs publics à tous les niveaux.

Lever les blocages structurels dans les provinces

Au-delà du diagnostic, Félix Tshisekedi a identifié les principaux obstacles qui freinent le développement agricole, notamment dans la province du Kwilu : insuffisance des infrastructures, difficultés de desserte, faible fluidité des échanges et sous-exploitation du potentiel énergétique.

Le chef de l’État a plaidé pour une approche structurée, articulée autour de solutions concrètes visant à améliorer la productivité et la compétitivité. « Ce que nous engageons pour le Kwilu doit ainsi préfigurer une méthode de transformation applicable à toutes les autres provinces », a-t-il affirmé.

Cette approche repose sur plusieurs leviers : investissement dans les infrastructures, amélioration de l’accès à l’énergie, organisation des chaînes de valeur et meilleure coordination des politiques publiques.

Des recommandations pour accélérer la transformation

Les travaux de la Conférence, élargis aux présidents des assemblées provinciales, ont débouché sur une série de recommandations issues de huit panels thématiques consacrés au développement agropastoral, halieutique et rural.

Présentant la synthèse des échanges, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a précisé : « Il s’est agi d’examiner comment renforcer le financement du secteur agricole et rural, comment faciliter l’accès aux marchés urbains, comment améliorer les infrastructures et encourager les chaînes de valeur porteuses ».

Ces recommandations visent à impulser une dynamique nouvelle, orientée vers l’autonomie alimentaire et la création de richesse au niveau local.

Le gouvernement appelé à passer à l’action

Dans la foulée, le président de la République a clairement instruit le gouvernement à traduire ces orientations en actions concrètes. Il s’est notamment appuyé sur la Première ministre pour assurer le suivi des engagements.

« Je demande à madame la Première ministre (…) de prendre en charge, avec diligence, les doléances formulées et de s’employer à la recherche des solutions possibles », a-t-il déclaré.

De son côté, la cheffe du gouvernement a réaffirmé la disponibilité de son équipe à accompagner les provinces. Elle a souligné que cette rencontre « rejoint pleinement la volonté du Gouvernement d’impulser des changements décisifs dans ces secteurs clés », tout en appelant à transformer la volonté politique en résultats tangibles.

En filigrane, le discours de Félix Tshisekedi dessine une ambition plus large : faire des provinces de véritables pôles de production et de croissance. L’accent est mis sur la structuration des coopératives, l’accès aux intrants, la sécurisation foncière et l’intégration des marchés.

« C’est à cette condition que nos provinces deviendront (…) de véritables pôles de production, de croissance et de prospérité », a-t-il conclu.

La clôture de cette 13e session s’accompagne déjà d’une projection vers l’avenir : la prochaine Conférence des Gouverneurs se tiendra en juin à Matadi, tandis que la quinzième session est prévue à Kananga en 2027.

Au-delà des annonces, c’est désormais la capacité de mise en œuvre qui sera scrutée, dans un contexte où les attentes sociales et économiques restent particulièrement élevées.

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