Yaoundé s’impose comme un jalon dans la relance du multilatéralisme commercial. Réunis du 26 au 29 mars 2026, les ministres du Commerce de 166 pays membres de l’OMC ont adopté une série de décisions structurantes, entre entrée en vigueur de l’accord sur les subventions à la pêche et prolongation du moratoire sur le commerce électronique. Dans ce cadre, la RDC a porté une voix active en faveur d’un commerce plus équitable, axé sur l’investissement et la diversification économique. Une dynamique qui prépare déjà les prochaines réformes attendues à Genève.
La quatorzième Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), tenue du 26 au 29 mars 2026 à Yaoundé, au Cameroun, s’est achevée sur une série de décisions majeures visant à consolider le système commercial multilatéral. Réunissant les ministres du Commerce des 166 pays membres, cette rencontre a permis d’acter des avancées significatives, tout en ouvrant la voie à des réformes structurelles attendues lors de la prochaine échéance à Genève.
Parmi les principales résolutions adoptées figure la promotion d’un commerce multilatéral « gagnant-gagnant » entre pays développés, pays en développement et pays les moins avancés (PMA). Cette orientation traduit la volonté des États membres de renforcer l’inclusivité du système commercial international, dans un contexte marqué par des déséquilibres persistants.
L’entrée en vigueur de l’Accord sur les subventions à la pêche constitue également un jalon important. Ce mécanisme vise à encadrer les pratiques susceptibles de fragiliser les ressources halieutiques, tout en préservant les intérêts économiques des pays concernés. Dans le même élan, les ministres ont décidé de proroger le moratoire sur les droits de douane appliqués au commerce électronique jusqu’à la 15ᵉ Conférence ministérielle, afin de permettre aux PMA de mieux s’adapter aux mutations numériques.
Les travaux ont en outre mis l’accent sur l’intensification des négociations techniques en vue de l’instauration effective de l’Accord sur la facilitation des investissements pour le développement. Inspiré de l’Accord sur la facilitation des échanges, ce dispositif vise à améliorer le climat des affaires et à attirer davantage d’investissements, notamment dans les économies en développement.
Au-delà des décisions immédiates, un large consensus s’est dégagé en faveur d’une réforme de l’OMC. Les discussions ont porté sur plusieurs axes clés, notamment les mécanismes de prise de décision, le traitement spécial et différencié, l’égalité des conditions de concurrence et le règlement des différends. Des recommandations ont été formulées à cet effet et feront l’objet d’une évaluation approfondie lors de la 15ᵉ Conférence ministérielle prévue à Genève, en Suisse.
Dans ce contexte, la République démocratique du Congo a fait entendre sa voix à travers son ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku. À la tête d’une délégation composée de représentants de plusieurs ministères et institutions publiques, il a pris part aux réunions stratégiques et défendu des positions en faveur d’un commerce international plus équitable.
« Nous avons fait des propositions concrètes et réalistes pour un commerce multilatéral équitable, avec l’instauration de l’Accord sur la facilitation des investissements pour le développement », a-t-il déclaré à la presse nationale et internationale. Selon lui, cette orientation constitue une opportunité pour la RDC d’attirer davantage d’investissements, de diversifier son économie et d’accroître le volume de ses exportations.
Le ministre a également souligné que cette dynamique ne concerne pas uniquement la RDC, mais s’inscrit dans une logique globale bénéfique à l’ensemble des pays les moins avancés. « C’est une stratégie qui profitera à tous les PMA », a-t-il ajouté, mettant en avant la nécessité d’un système commercial plus équilibré.
La participation congolaise à cette conférence s’est appuyée sur une délégation élargie comprenant notamment l’ambassadeur de la RDC auprès de l’OMC à Genève, ainsi que des experts issus des ministères du Commerce extérieur, des Finances, de l’Économie numérique, des Affaires étrangères et de l’Agriculture. Des représentants d’établissements publics tels que la DGDA, l’ANAPEX, l’OCC et l’ARPTC ont également pris part aux travaux.
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