Au cœur d’une région longtemps marquée par des tensions liées à la terre, la vulgarisation de la nouvelle loi foncière s’impose comme un levier de stabilisation. À Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, acteurs locaux et organisations de la société civile ont engagé un dialogue direct avec les communautés afin de leur présenter les innovations introduites par le législateur. Objectif affiché : renforcer la compréhension des nouvelles règles, prévenir les litiges et jeter les bases d’une gestion plus apaisée du foncier dans une province où les conflits de terre alimentent depuis des années les tensions sociales et sécuritaires.
Les innovations introduites par la nouvelle loi foncière ont été présentées aux communautés locales, mardi, lors d’une matinée de vulgarisation organisée à Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
L’initiative, portée par l’organisation Aide et Action pour la paix, visait à rapprocher le texte légal des populations directement concernées par les enjeux fonciers. Dans une province où les conflits liés à la terre constituent l’une des principales sources de tensions, cette démarche se veut à la fois pédagogique et préventive.
« Nous avons organisé cette matinée de vulgarisation de la loi foncière auprès de la communauté locale pour que celle-ci prenne en compte les innovations que le législateur congolais a évoquées dans ladite loi, contrairement à celle qui a été modifiée », a expliqué Maître Faustin Mutsukunde, coordonnateur de l’organisation.
Au-delà de la simple présentation du texte, les échanges ont permis de mettre en lumière les principales avancées introduites par la réforme. Celles-ci portent notamment sur une meilleure prise en compte des réalités locales, une clarification des droits fonciers et une volonté affichée de réduire les conflits récurrents liés à l’accès et à l’usage de la terre.
Dans le contexte spécifique du Nord-Kivu, où la pression démographique, les déplacements de populations et les conflits armés ont exacerbé les tensions foncières, la diffusion de ces nouvelles dispositions apparaît comme une nécessité. Les organisateurs insistent sur l’importance d’une appropriation communautaire de la loi pour garantir son efficacité.
« Cette nouvelle loi foncière modifiée pourrait apporter des solutions adaptées au contexte et cela contribuera à la paix sociale dans nos entités longtemps secouées par les conflits fonciers », a ajouté Maître Mutsukunde.
La démarche s’inscrit également dans une logique de prévention des litiges. En renforçant la compréhension des règles encadrant la propriété et l’exploitation des terres, les acteurs impliqués espèrent limiter les interprétations divergentes souvent à l’origine des tensions.
Pour les participants, cette initiative constitue une opportunité de mieux appréhender leurs droits et obligations. Elle ouvre aussi la voie à un dialogue plus structuré entre les communautés, les autorités locales et les organisations de la société civile.
Dans une région où la question foncière demeure étroitement liée aux enjeux de sécurité et de cohésion sociale, la vulgarisation de la loi apparaît ainsi comme un outil essentiel.
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