Routes impraticables, circulation paralysée, risques accrus pour les usagers : à Bandalungwa, la dégradation avancée de plusieurs axes majeurs a provoqué une interpellation officielle à l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Dans une correspondance adressée au ministre provincial des Infrastructures, le député Jared Phanzu Babaka dénonce une situation « devenue intolérable ». En réponse, l’exécutif provincial évoque des travaux en cours et des contraintes techniques liées à des projets hydrauliques. Entre urgence locale et coordination des chantiers, la question de la réhabilitation effective reste posée.
La dégradation des infrastructures routières dans la commune de Bandalungwa s’est invitée au cœur des échanges institutionnels à Kinshasa. Dans une correspondance datée du 2 mars 2026 et adressée au ministre provincial des Infrastructures, Travaux publics, Affaires foncières, Urbanisme et Habitat, le député provincial Jared Phanzu Babaka a tiré la sonnette d’alarme sur l’état critique de plusieurs axes structurants.
« À ce jour, aucune amélioration significative n’a été constatée. La situation n’est plus simplement préoccupante, elle est devenue intolérable », écrit-il, pointant une dégradation qui affecte directement la mobilité urbaine et les activités économiques locales.
L’élu cite notamment l’avenue Kasa Vubu, sur le tronçon reliant l’arrêt Tshibangu à l’arrêt Bakayawu, en passant par l’hôpital CBCO et le bloc commercial. « La chaussée est fortement détériorée, parsemée de crevasses profondes et d’affaissements majeurs, paralysant la circulation routière », précise-t-il.
D’autres points névralgiques sont également évoqués, dont le croisement des avenues Bula et Bloc commercial, devenu « totalement impraticable », ainsi que l’entrée de l’avenue Kimbondo, où « la dégradation avancée de la chaussée entrave fortement la circulation ».
Pour le député, ces axes ne sont pas secondaires : « Ils constituent des voies vitales pour la mobilité urbaine, l’activité économique locale et la fluidité de la circulation. » Il appelle à une intervention urgente et exige un calendrier précis des travaux.
Une réponse technique du gouvernement provincial
Dans sa réponse officielle, le ministre provincial des Infrastructures, Alain Tshilungu, accuse réception de la correspondance et apporte des éléments d’explication sur la situation décrite.
Selon lui, la dégradation de l’avenue Kasa Vubu est directement liée à des travaux d’infrastructures hydrauliques. « La dégradation de la chaussée […] est occasionnée par l’exécution des travaux de pose des conduites de transfert et distribution en aval de l’usine de traitement d’eau d’Ozone », indique-t-il, en référence au projet de Développement multisectoriel et de résilience urbaine de Kinshasa (PDMRUK), piloté par la Cellule d’exécution des projets eau.
Le ministre précise que la réhabilitation complète de cet axe ne pourra intervenir qu’après la réception des travaux en cours, conditionnée notamment par des essais techniques. Toutefois, il assure que des réunions de coordination sont régulièrement organisées afin « d’accélérer le rythme des travaux et vite remettre en état cet axe vital ».
Concernant les autres axes signalés, l’exécutif provincial se veut rassurant. « Les autres axes mentionnés sont déjà programmés et seront pris en charge dans le cadre des travaux en cours », indique Alain Tshilungu, évoquant l’intervention de l’entreprise Modern Construction sous la supervision des services techniques provinciaux.
Au-delà des justifications techniques avancées, cet épisode révèle les difficultés persistantes de coordination entre les différents chantiers d’infrastructures à Kinshasa. Dans une ville confrontée à une urbanisation rapide et à des besoins croissants en mobilité, la réhabilitation effective de ces axes apparaît désormais comme un test de crédibilité pour l’action publique provinciale.
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