À Washington, au cœur des Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du FMI, la République démocratique du Congo a défendu une vision offensive : faire de l’eau un moteur de croissance, d’emplois et de transformation sociale. Devant décideurs internationaux et partenaires financiers, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a mis en avant les atouts hydriques du pays et les engagements du gouvernement, notamment un vaste programme d’investissement de 20 milliards de dollars. Entre sécurité hydrique, accès à l’eau potable et projets structurants comme Kin Elenda, Kinshasa entend peser dans l’agenda mondial du développement durable.
En marge des Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a pris part à la conférence « Water Forward: Driving Jobs and Opportunities », une initiative internationale dédiée à la sécurité hydrique et à la création d’emplois.
Ouverte par le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, la rencontre a posé les bases d’une mobilisation globale. « Ensemble, nous pensons pouvoir assurer la sécurité de l’eau pour un milliard de personnes d’ici 2030 », a-t-il déclaré, soulignant qu’il ne s’agit pas d’un fonds supplémentaire, mais d’« une plateforme de mise en œuvre visant à aligner politiques, financements et actions autour de plans nationaux pilotés par les pays ».
Plusieurs États, dont l’Angola, la Côte d’Ivoire ou encore le Sénégal, ont officialisé leur engagement, tandis que des institutions financières internationales – Banque asiatique de développement, Banque européenne pour la reconstruction et le développement – ont réaffirmé leur soutien.
La RDC, un acteur stratégique des équilibres hydriques
Dans ce cadre, Judith Suminwa Tuluka a insisté sur la place singulière de la RDC. « Parler de l’eau aujourd’hui, ce n’est pas seulement parler de développement. C’est parler d’avenir, du monde que nous construisons », a-t-elle affirmé.
Avec plus de 50 % des réserves d’eau douce du continent africain, le pays dispose d’un potentiel majeur. « Notre responsabilité est claire : transformer ce potentiel en progrès tangible », a-t-elle poursuivi.
Le gouvernement entend s’appuyer sur le Pacte présidentiel pour l’eau, qui vise un accès à l’eau potable de 60 % d’ici 2035. Ce programme, évalué à 20 milliards de dollars, est présenté comme un levier direct de transformation économique. « Cet effort représente des millions d’emplois, des villes plus productives et des économies locales transformées », a précisé la cheffe du gouvernement.
Des projets concrets pour répondre aux besoins sociaux
Parmi les initiatives mises en avant figure le projet « Kin Elenda », à Kinshasa, destiné à améliorer l’accès à l’eau pour près de trois millions de personnes. Ce programme s’inscrit dans le pilier social du Programme d’actions du gouvernement, axé sur l’accès aux services de base.
Au-delà des infrastructures, les autorités congolaises mettent en avant l’impact attendu en matière de santé publique, de dignité et de productivité, dans un contexte où l’accès à l’eau demeure un défi majeur pour une large partie de la population.
Eau et énergie, piliers des économies de demain
La Première ministre a également défendu une approche intégrée liant eau et énergie. « L’eau et l’énergie dessinent ensemble les économies de demain », a-t-elle déclaré, évoquant le Compact énergétique et le projet Grand Inga, présenté comme un symbole d’une Afrique « connectée, productive et souveraine ».
Dans cette perspective, elle a appelé à reconsidérer la place du continent dans les dynamiques globales : « La vraie question n’est pas ce que l’Afrique représente aujourd’hui, mais ce qu’elle rendra possible pour le monde demain ».
Saluant l’initiative Water Forward, Judith Suminwa Tuluka a insisté sur la nécessité d’une action collective fondée sur l’impact et la responsabilité partagée, avant de conclure : « La République démocratique du Congo est prête ».
Sa participation, aux côtés de membres du gouvernement en charge des infrastructures et du portefeuille, traduit une volonté d’ancrer le pays dans les mécanismes internationaux de financement et de réforme.
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