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Kinshasa
16 avril, 2026 - 19:14:45
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Crise humanitaire en Ituri : le gouvernement face à l’urgence des déplacés et lance un projet de 3 000 logements

La dégradation de la situation sécuritaire en Ituri continue de produire ses effets humanitaires. Devant le Conseil des ministres, la ministre des Affaires sociales a dressé un tableau préoccupant des déplacements massifs de populations fuyant les violences des ADF. Entre pression sur les infrastructures d’accueil et détérioration des conditions de vie, l’exécutif a été appelé à agir rapidement. En réponse, un projet de construction de 3 000 logements pour les déplacés a été soumis, tandis que le président de la République exige un suivi rapproché et une mobilisation renforcée des moyens d’urgence.

Présentée lors du Conseil des ministres extraordinaire du 15 avril 2026, la note d’information de la ministre d’État en charge des Affaires sociales met en lumière une aggravation préoccupante de la crise humanitaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, particulièrement dans le territoire de Mambasa, en Ituri.

Depuis le 12 mars, cette zone est le théâtre de violences attribuées aux rebelles ADF, provoquant des déplacements massifs de populations. Les conséquences sont immédiates : « errance des milliers de personnes déplacées internes », pression accrue sur les structures d’accueil et dégradation rapide des conditions de vie.

Les besoins humanitaires se multiplient, allant du manque d’abris à l’insécurité alimentaire, en passant par l’accès limité à l’eau potable et aux soins de santé, avec des risques accrus pour les populations vulnérables, notamment les femmes et les enfants.

Kisangani sous pression face à l’afflux des déplacés

Parmi les zones d’accueil, la ville de Kisangani apparaît particulièrement exposée. Selon les données présentées au gouvernement, 4 380 personnes déplacées y ont été enregistrées entre le 12 mars et le 10 avril 2026.

Un chiffre appelé à évoluer, les mouvements de populations se poursuivant sous l’effet de l’insécurité persistante. Cette situation met à rude épreuve les capacités d’accueil locales, déjà limitées.

La concentration de déplacés dans les centres urbains soulève également des enjeux sanitaires et sociaux majeurs, dans un contexte où les infrastructures peinent à répondre à la demande croissante.

Un projet de réinsertion pour sortir de l’urgence

Face à cette situation, le gouvernement envisage une réponse structurée au-delà de l’urgence. La ministre des Affaires sociales a ainsi proposé la mise en œuvre d’un projet de réinsertion durable, centré sur la construction de 3 000 logements.

Destiné notamment aux populations affectées par les conflits intercommunautaires entre Mbolé et Lengola, ce programme vise plusieurs objectifs : assurer une réinstallation sécurisée, désengorger les zones urbaines et améliorer la prise en charge des nouvelles vagues de déplacés.

Au-delà de la réponse humanitaire, ce projet s’inscrit dans une logique de stabilisation sociale et de consolidation de la paix, en offrant des perspectives durables aux populations concernées.

Dans l’immédiat, le gouvernement est appelé à autoriser le déploiement d’une assistance humanitaire d’urgence afin de couvrir les besoins prioritaires identifiés sur le terrain.

La ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des services provinciaux pour mener des évaluations multisectorielles approfondies, condition essentielle pour une réponse adaptée.

Parallèlement, une mobilisation accrue des partenaires humanitaires est envisagée afin d’assurer une coordination efficace des interventions.

Un suivi présidentiel rapproché

Face à l’ampleur de la crise, le président de la République a exigé un suivi étroit de la situation. Il a demandé à la ministre des Affaires sociales de revenir régulièrement devant le Conseil des ministres pour faire le point sur l’évolution de la situation humanitaire à l’échelle nationale.

À travers ces mesures, le gouvernement tente de répondre à une double exigence : gérer l’urgence immédiate tout en posant les bases d’une solution durable.

Mais la tâche s’annonce complexe. La persistance des violences dans l’Est continue d’alimenter les déplacements, rendant toute stabilisation fragile.

Infos27

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