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23 avril, 2026 - 22:17:10
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Judith Suminwa sur TV5 Monde : un lynchage médiatique outrancier

En provenance des États-Unis où elle a pris part à l’Assemblée annuelle des institutions de Bretton Woods pour la RDC, la Première ministre Judith Suminwa a fait escale à Paris, où elle a été reçue le 18 avril dernier sur le plateau du Journal Afrique de TV5 Monde. Dans un entretien exclusif de 10’36’’, elle a répondu à plusieurs questions liées à la vie nationale, notamment le partage du pouvoir au sein de l’exécutif entre le président de la République et la Première ministre, y compris les domaines réservés, les Accords de Washington, la protection des populations déplacées par la guerre, la contrepartie en minerais au soutien américain, ainsi que les relations avec d’autres pays, en particulier la Chine. Naturellement, la question des 15 migrants en provenance des États-Unis, qui alimente l’actualité en RDC, n’a pas été éludée. Elle a occupé 2’39’’, soit près du quart de l’entretien, et c’est par ce sujet que le journaliste a ouvert la séquence. Un léger flottement dans la réponse, précisément sur la nationalité des migrants, alors que la Première ministre a bien indiqué qu’ils proviennent de trois pays d’Amérique latine, l’a exposée à un lynchage médiatique disproportionné, voire excessif, allant jusqu’à des attaques personnelles. Les réseaux sociaux s’en sont largement emparés. Un véritable emballement, tant dans son camp politique, où certains n’hésitent pas à la fragiliser en vue d’un éventuel repositionnement, que dans l’opposition, qui y voit une opportunité pour s’en prendre au pouvoir en place. Pourtant, trébucher sur un détail dans un entretien, par souci de vérification à partir de ses notes, ne saurait être assimilé à une incompétence. Il convient toutefois de relever que la Première ministre Judith Suminwa s’est montrée à la fois habile et prudente face à des questions sensibles, notamment sur le partage du pouvoir, la mise en œuvre de l’Accord de paix RDC-Rwanda, la situation de l’armée, la contrepartie en minerais dans le cadre du soutien américain au processus de paix, ainsi que le partenariat avec des pays tiers, dont la Chine.

Ce léger flottement sur la nationalité des migrants arrivés sur le sol congolais ne signifie nullement qu’elle ait été en défaut sur le fond. La Première ministre a clairement indiqué que ces migrants sont ressortissants de trois pays d’Amérique latine, sans pouvoir les citer sur le moment. Une hésitation de mémoire, somme toute humaine, qui peut survenir dans le cadre d’un entretien en direct.

Dès lors, que lui reproche-t-on réellement : de méconnaître le dossier, d’avoir recouru à un aide-mémoire, de s’être brièvement égarée dans ses notes, ou de ne pas avoir énuméré les pays concernés ? À l’examen de ses réponses, il apparaît pourtant que Judith Suminwa maîtrise les éléments essentiels du sujet. Elle en connaît le nombre, l’origine géographique des migrants, ainsi que leurs conditions de prise en charge en République démocratique du Congo, avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de ses mécanismes d’accompagnement.

Le recours à des notes lors d’un entretien médiatique n’a rien d’exceptionnel. D’autant que le journaliste lui-même ne s’en est pas privé, y recourant à plusieurs reprises au fil de l’échange. L’incident, somme toute mineur, survenu au cours de l’interview ne saurait occulter l’ensemble des réponses apportées par la Première ministre congolaise sur ce média francophone international. Pour autant, une vigilance accrue s’impose à l’avenir, notamment en renforçant le rôle de ses services de communication, appelés à mieux la préparer en amont de ce type d’exercice.

Dans une déclaration relayée sur les réseaux sociaux, l’acteur politique Hervé Diakiese s’est interrogé sur l’ampleur des critiques visant la cheffe du gouvernement, estimant qu’aucune faute majeure ne pouvait justifier un tel déferlement.

Extrait de l’entretien exclusif de Judith Sumwina sur TV 5

TV5 : Bonsoir Madame

PM : Bonsoir

TV5 : Bienvenue ici au Journal Afrique de TV5 Monde. La toute récente actualité, on en parlait hier, ce sont ces 15 migrants arrivés hier sur le sol congolais il y a environ 36 heures. Ils ont été expulsés des USA. D’abord, plusieurs questions : qui sont ces gens ? De quelles nationalités parle-t-on ? Pour combien de temps sont-ils là ?

PM : Ce sont des demandeurs d’asile qui se sont retrouvés aux USA. Et dans le cadre d’un accord entre les services de migration des Etats-Unis d’Amérique et la République Démocratique du Congo, on a convenu de pouvoir les recevoir temporairement. Il s’agit des trois pays de l’Amérique latine. Pour l’instant, on collabore avec les USA et, notamment l’Organisation Internationale de Migration pour pouvoir accueillir ces migrants de manière temporaire, le temps qu’on puisse trouver d’autres alternatives et voir comment les orienter vers d’autres pays.

TV5 : De quelles nationalités parle-t-on ?

PM : C’est trois pays. Si mes souvenirs sont bons…… (flottement)

TV5 : Vous ne savez pas pour l’instant ?

PM : Je …. (flottement)

TV5 : Ils sont là pour combien de temps ? C’est une phase de transition ?

PM : C’est une phase de transition.

TV5 : Ç’est-à-dire ? A peu près.

PM : On n’a pas encore calculé. Mais, ils ne sont pas là pour durer longtemps. C’est de manière temporaire, le temps qu’on puisse leur trouver d’autres terres d’asile dans le respect du droit humanitaire international. En attendant, la République Démocratique du Congo a accepté de les accueillir.

TV5 : Vous avez parlé des conventions effectivement entre les services d’immigration. Qu’est-ce que le pays, qu’est-ce que la RDC a obtenu pour les accueillir, même temporairement ?

PM : Ecoutez. C’est un service que nous rendons aux USA qui, en fait, prennent en charge leur séjour chez-nous à travers, comme je l’ai dit, l’Organisation Internationale de Migration.

TV5 : En charge financièrement ?

PM : Ils prennent en charge leur logement, leur alimentation, etc. C’est dans ce cadre que nous avons accepté de les avoir.

TV5 : Il pourrait y en avoir d’autres ?

PM : Oui. Dans le cadre de cet accord, il pourrait y en avoir d’autres. Mais, la convention est de ne pas les avoir indéfiniment.

TV5 : Est-ce que vous avez déjà le coup d’après ou allez-vous les envoyer le cas échéant ?

PM : Non. Ce sont des discussions qui sont en cours.

Moïse Musangana

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