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Kinshasa
27 avril, 2026 - 17:51:58
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Une Garde minière de 20 000 hommes lancée pour sécuriser et tracer les minerais en RDC

Un dispositif sécuritaire inédit pour un secteur stratégique. La République démocratique du Congo engage la création d’une Garde minière financée à hauteur de 100 millions de dollars, avec l’appui des États-Unis et des Émirats arabes unis. Annoncée par l’Inspection générale des mines, cette unité paramilitaire doit couvrir 22 provinces et renforcer la traçabilité des minerais, au cœur des partenariats internationaux. Avec un effectif projeté de 20 000 agents, Kinshasa entend assainir un secteur clé de son économie et sécuriser l’ensemble de la chaîne d’exploitation, de l’extraction jusqu’aux frontières.

La République démocratique du Congo enclenche une réforme d’envergure dans son secteur minier, pilier de son économie et enjeu central de ses partenariats internationaux. Dans un communiqué rendu public lundi, l’Inspection générale des mines (IGM) annonce la création officielle d’une Garde minière, une unité paramilitaire destinée à sécuriser et encadrer l’ensemble de la chaîne d’exploitation des minerais sur le territoire national.

Doté d’un financement de 100 millions de dollars américains, ce programme s’inscrit dans le cadre des partenariats stratégiques conclus avec les États-Unis d’Amérique et les Émirats arabes unis. Il vise à répondre à une double exigence : renforcer la sécurité des sites miniers et garantir la traçabilité des ressources, dans un contexte de demande mondiale croissante pour les minerais critiques.

Selon le communiqué, la Garde minière comptera à terme plus de 20 000 agents, déployés progressivement dans les 22 provinces minières du pays. Un premier contingent de 2 500 à 3 000 recrues est attendu dès la phase initiale, à l’issue d’un processus de sélection présenté comme rigoureux. Les agents suivront une formation intensive de six mois, en collaboration avec la Maison militaire, et seront dotés d’équipements de dernière génération.

Pour les autorités, l’enjeu dépasse la seule dimension sécuritaire. « La volonté du Président de la République, que nous mettons en œuvre, est d’assainir l’ensemble du secteur minier de la RDC, en éliminant les pratiques contraires à la bonne gouvernance, à la transparence et à la traçabilité des minerais », a déclaré l’inspecteur général des mines, Rafael Kabengele. Une orientation qui traduit la volonté politique de mieux encadrer un secteur longtemps marqué par l’informalité et les circuits parallèles.

La Garde minière aura pour principales missions « la sécurisation des sites miniers sur l’ensemble du territoire national » ainsi que « le convoyage sécurisé des minerais, depuis les zones d’extraction jusqu’aux unités de traitement et aux postes frontaliers ». Elle devra également remplacer progressivement les éléments des forces de défense actuellement déployés dans certaines zones minières, afin de spécialiser davantage les interventions et d’améliorer l’efficacité opérationnelle.

Le calendrier de mise en œuvre prévoit une montée en puissance progressive. Le recrutement devrait débuter dès mai 2026, suivi de la formation des premières recrues entre juin et décembre. Le déploiement du premier contingent opérationnel est attendu avant la fin de l’année, avec un objectif de couverture complète dans les principales zones minières à l’horizon 2027, notamment dans le Grand Katanga et le Grand Orientale. L’extension à l’ensemble du territoire est envisagée d’ici fin 2028.

Au-delà de l’organisation interne, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de repositionnement de la RDC sur la scène internationale des ressources naturelles. Le 4 décembre dernier, Kinshasa a signé avec Washington un accord de partenariat sur les minerais critiques et la sécurité, renforçant ainsi sa coopération avec les États-Unis. Un accord similaire a également été conclu avec Doha autour de l’or, illustrant la diversification des alliances économiques du pays.

À terme, les autorités congolaises espèrent que la mise en place de cette Garde minière permettra non seulement de sécuriser les investissements, mais aussi d’optimiser la valorisation des ressources nationales. En garantissant un environnement plus stable et plus transparent, Kinshasa entend attirer davantage de partenaires et consolider sa position dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Infos27

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