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1 mai, 2026 - 09:36:01
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États généraux des télécoms : des réformes attendues pour une connectivité nationale élargie

Des attentes élevées. Lancés à Kinshasa, les États généraux des postes et télécommunications placent le gouvernement face à l’urgence d’agir pour corriger les faiblesses structurelles du secteur. Entre fracture numérique persistante, insuffisance des infrastructures et qualité de service décriée, les assises doivent déboucher sur des réformes concrètes. Sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi et de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, l’objectif affiché est clair : élargir durablement l’accès à la connectivité sur l’ensemble du territoire.

Le temps des diagnostics laisse place à celui des décisions attendues. Lundi 27 avril 2026 à Kinshasa, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a pris part à l’ouverture officielle des États généraux des postes et télécommunications, une initiative appelée à produire des réformes concrètes pour un secteur en quête de transformation.

Organisées sous le thème « Postes et télécommunications, vecteur de croissance économique et de développement », ces assises ont été lancées par le président de la République, Félix Tshisekedi, au Centre culturel des pays de l’Afrique centrale. Elles réunissent membres du gouvernement, opérateurs privés, partenaires techniques et experts autour d’un objectif commun : dégager des solutions opérationnelles pour améliorer la connectivité nationale.

Car le constat est largement partagé. Le secteur reste marqué par des déséquilibres profonds, notamment entre zones urbaines et rurales, une couverture encore limitée du territoire et des infrastructures insuffisantes. À cela s’ajoute une qualité de service régulièrement critiquée, qui alimente les attentes des usagers et renforce la pression sur les autorités.

Face à ces défis, les États généraux sont attendus sur des résultats précis : réforme du cadre légal et réglementaire, relance de la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT), assainissement du secteur, amélioration de la connectivité des 145 territoires et accélération de la transformation numérique à l’horizon 2030.

Dans son discours d’ouverture, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’inscrire ces réformes dans une vision globale du développement. « La poste ne doit pas être laissée au bord du chemin. Elle ne doit pas être considérée comme un vestige du passé. Elle doit être pensée comme un outil moderne d’intégration territoriale, de proximité administrative, de logistique, de services financiers et de cohésion sociale », a déclaré Félix Tshisekedi.

Au-delà de cette réhabilitation du secteur postal, le président a appelé à faire du numérique un levier stratégique. « Il nous revient donc d’ériger le numérique, les télécommunications et la modernisation postale en levier stratégique de notre développement national », a-t-il ajouté, fixant ainsi le cap des réformes attendues.

De son côté, le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, a reconnu l’ampleur des défis. « S’agissant des télécommunications, nous notons la fracture numérique entre les zones urbaines et rurales, l’insuffisance des infrastructures, la faible couverture nationale ainsi que la mauvaise qualité des services », a-t-il déclaré.

Un diagnostic sans détour, qui appelle, selon lui, des réponses à la hauteur. « Les contraintes demeurent et exigent des réponses structurelles. Nous nous engageons, au terme de ces travaux, à concrétiser les missions qui nous sont confiées à travers le Programme d’actions du Gouvernement », a-t-il poursuivi, sous la coordination de la Première ministre.

Dans cette perspective, les États généraux doivent déboucher sur un cadre d’action clair, capable de transformer les recommandations en mesures effectives. L’enjeu est d’éviter un exercice purement déclaratif, au profit de décisions susceptibles d’avoir un impact tangible sur la vie quotidienne des populations.

Inscrite dans le troisième pilier du Programme d’actions du gouvernement, la question de la connectivité est perçue comme un facteur clé d’intégration nationale. Dans un pays aux dimensions continentales, améliorer l’accès aux télécommunications revient à faciliter la circulation de l’information, soutenir les activités économiques et renforcer la cohésion territoriale.

Les attentes sont donc élevées. Pour les acteurs du secteur comme pour les usagers, ces assises devront marquer un tournant, en apportant des réponses concrètes aux dysfonctionnements persistants. La crédibilité de l’action publique dans ce domaine dépendra, en grande partie, de la capacité du gouvernement à traduire ces engagements en réalisations mesurables.

À l’issue des travaux, la feuille de route attendue devra fixer des priorités claires, assorties de mécanismes de suivi et d’évaluation. Plus qu’un cadre de réflexion, ces États généraux sont désormais perçus comme un test de la volonté réformatrice des autorités dans un secteur stratégique pour l’avenir du pays.

Infos27

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