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13 mai, 2026 - 14:19:40
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« Pour que les Congolais restent Congolais » : le plaidoyer du député Katuala Kasanda pour la binationalité

Relançant un débat sensible au cœur des enjeux de souveraineté, le député national Katuala Kasanda Olivier intensifie sa campagne pour faire adopter une proposition de loi sur la binationalité en République démocratique du Congo. Face aux réticences liées au contexte sécuritaire et aux risques d’infiltration, l’élu plaide pour une réforme « juste et humaine », centrée sur les Congolais d’origine vivant à l’étranger. Il appelle ses collègues à dépasser les peurs pour inscrire la RDC dans une dynamique continentale déjà largement engagée.

Ci-dessous, l’intégralité de l’appel du député national Katuala Kasanda Olivier.

Honorables Députés Nationaux,

Chers collègues,

Je poursuis sans relâche la collecte des signatures de mes collègues députés pour cette proposition de loi sur la binationalité, et je compte particulièrement sur vous (ceux qui hésitent encore) pour rejoindre ce mouvement.

Nombre d’entre vous expriment une hésitation compréhensible. Dans un contexte d’agression répétée de notre pays par certains pays voisins, où des individus se revendiquent parfois congolais à l’aide de fausses identités ou de faux passeports, la question de la nationalité touche à la souveraineté et à la sécurité. Mais il est temps de faire la part des choses et de lever définitivement les équivoques.

La binationalité n’est pas ce que certains redoutent. Elle n’a aucune vocation à accorder la nationalité congolaise de manière générale et inconditionnelle à quiconque se revendique congolais. Elle ne régularisera aucun faussaire, aucun usurpateur. Les auteurs de faux passeports, de fausses cartes d’identité ou d’autres fraudes restent pleinement poursuivables devant la justice pour faux et usage de faux, avec toute la rigueur de la loi.

Sa seule et unique vocation est simple, juste et humaine : permettre aux Congolais d’origine (càd nos enfants, nos frères, nos sœurs, nos proches et leurs descendants) de conserver leur nationalité congolaise lorsqu’ils se naturalisent à l’étranger pour des raisons légitimes de mobilité (études, recherche, sport de haut niveau, entrepreneuriat, etc.). Nous refusons de priver nos propres enfants du droit fondamental de demeurer congolais simplement parce qu’ils cherchent ailleurs des opportunités que notre pays ne leur offre pas encore.

Cette position s’appuie sur deux piliers indéfectibles :

1. Nos valeurs et traditions africaines

Dans nos cultures ancestrales, un enfant ne cesse jamais d’être l’enfant de son père et de sa mère ou même de son village, même s’il se marie au loin, même s’il part vivre dans une autre contrée. Il reste membre à part entière de la lignée, du clan et de la communauté. Un fils qui s’exile pour chercher fortune reste fils du village. Une fille mariée dans une autre famille reste fille de ses parents. Un voyage ou une opportunité à l’étranger ne rompt pas les liens du sang.

Pourquoi en irait-il autrement pour la nationalité ? Priver nos enfants de leur nationalité d’origine reviendrait à les renier. Au pire, en cas de sanctions pénales ou administratives impliquant le retrait de leur nationalité d’acquisition dans leur pays d’adoption, ils risqueraient l’apatridie (une injustice que nos traditions et notre humanité ne sauraient accepter).

2. La réalité continentale

Sur les 54 États africains, 48 ont déjà accordé à leurs ressortissants ce droit fondamental de préserver leur nationalité d’origine en cas de naturalisation à l’étranger. Pourquoi la RDC demeurerait-elle parmi la poignée de pays qui maintiennent encore un principe rétrograde ? Alors que nos homologues africains offrent ce droit à leurs citoyens, nous continuons à priver les nôtres d’un outil puissant d’ouverture au monde, développement et de dignité.

Précisons enfin, pour lever toute ambiguïté, que notre initiative maintient fermement le principe du non-cumul de nationalité pour les postes, fonctions et charges publiques de souveraineté (présidence de la République, forces de défense et de sécurité, affaires étrangères, services de renseignement, etc.). C’est d’ailleurs la règle universellement adoptée par tous les pays africains qui ont ouvert la binationalité : elle garantit l’intégrité de nos institutions, préserve la pleine loyauté de l’État dans les domaines les plus sensibles et évite tout risque de conflit d’intérêts.

Honorables Députés nationaux, ne nous trompons pas de combat.

L’heure n’est pas à la peur, mais à la responsabilité et à la vision. En adhérant massivement à cette initiative, vous redonnerez à nos enfants et à nos proches naturalisés ailleurs le droit fondamental de demeurer congolais. Vous permettrez également aux étrangers qui aiment sincèrement notre pays, qui respectent ses lois et qui rempliront les conditions strictes de naturalisation, d’accéder à la nationalité congolaise sans renoncer à la leur.

C’est un acte de justice, de modernisation et de souveraineté intelligente.

Je compte sur votre signature. Faisons de cette réforme un grand pas pour l’avenir de notre nation et de nos familles.

Hon Katuala Kasanda Olivier

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