Kinshasa, le Conseil supérieur de la magistrature a solennellement lancé la dotation des nouveaux magistrats en toges et en mémento juridique, scellant leur entrée dans l’arène judiciaire. Présidée par Dieudonné Kamuleta Badibanga, président du Conseil supérieur de la magistrature et de la Cour constitutionnelle, cette étape s’inscrit dans un dispositif national visant à équiper les promotions 2023 et 2025 à la veille de leurs affectations. « L’indépendance du magistrat n’est pas un droit du magistrat, mais un droit du peuple », a martelé le président du CSM, appelant à une justice rigoureuse, intègre et au service de la paix sociale.
Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a procédé, samedi 9 mai 2026 à Kinshasa, à la remise officielle des toges et de l’ouvrage « Libellé des préventions en droit congolais : Mémento littéraire pratique » aux magistrats de la promotion dite « État de droit », consacrant leur entrée effective dans l’exercice de leurs fonctions au sein de l’appareil judiciaire congolais.
Cette cérémonie, présidée par le président du CSM, Dieudonné Kamuleta Badibanga, s’inscrit dans un dispositif plus large annoncé en amont, visant à doter des milliers de magistrats des promotions 2023 et 2025 d’équipements et d’outils techniques essentiels. Le lancement officiel de l’opération, à la Cour de cassation, à Kinshasa, marque le début d’une distribution progressive sur plusieurs sites, notamment dans la capitale et à Lubumbashi, en prévision des affectations imminentes de près de 2 500 nouveaux magistrats.
Dans ce contexte, la remise de la toge, symbole de l’autorité judiciaire, et d’un mémento pratique destiné à harmoniser la qualification des infractions, dépasse le cadre d’une simple dotation logistique. Elle consacre le passage de ces magistrats de la formation à l’exercice concret de la fonction judiciaire, avec les outils nécessaires à l’accomplissement de leur mission.
Dans son intervention, Dieudonné Kamuleta Badibanga a insisté sur la portée de cet engagement. « La toge ne vous donne pas l’ascendance sur le peuple, mais elle vous place devant des responsabilités. L’indépendance du magistrat n’est pas un droit du magistrat, c’est un droit du peuple », a-t-il déclaré, appelant les bénéficiaires à incarner les valeurs d’intégrité, d’indépendance et de respect de la loi. « Partout où vous irez, gardez à l’esprit que votre rôle est de faire en sorte que la paix sociale et la justice sociale soient préservées », a-t-il ajouté.
Le président du CSM a également rappelé une nouvelle exigence institutionnelle : « Aucun magistrat ne peut être affecté sans avoir sa toge individuelle », traduisant la volonté de professionnaliser davantage l’exercice de la fonction judiciaire et de garantir des conditions minimales de travail.
Du côté des bénéficiaires, la cérémonie a été perçue comme un signal fort. « On nous avait promis ces toges, mais nous doutions. Aujourd’hui, la promesse est devenue une réalité », a confié Hermione Mvemba Makowa, substitut du procureur, saluant les efforts du CSM. « Nous avons aussi une grande responsabilité de rendre à la République le travail qu’il faut », a-t-elle ajouté.
Même attente exprimée par Kitenge Kabongo, également substitut du procureur : « Nous attendons maintenant les affectations, car nous sommes prêts à exercer ce pourquoi l’État congolais nous a pris en charge », a-t-il déclaré.
Parallèlement, le CSM a étendu cette dotation aux magistrats de la promotion 2023, à travers la remise d’ouvrages aux chefs des juridictions et des parquets. Le procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete, Willy Ndjoko, a salué cette initiative. « Le Conseil supérieur de la magistrature a pensé à cette première vague (…) en leur offrant cet outil de travail appelé libellé de prévention », a-t-il indiqué.
Au-delà de cette remise, le CSM prévoit de compléter progressivement cet appui par d’autres outils pédagogiques et numériques, afin de renforcer les capacités opérationnelles des magistrats sur l’ensemble du territoire.
À l’issue de cette étape, les magistrats de la promotion « État de droit » devraient être affectés dans les prochains jours au sein des juridictions civiles et militaires à travers le pays. Cette nouvelle génération est attendue pour contribuer au renforcement de l’administration de la justice et au rapprochement du pouvoir judiciaire avec les citoyens, dans un contexte où la consolidation de l’État de droit demeure un enjeu central des réformes institutionnelles en République démocratique du Congo.
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