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13 mai, 2026 - 01:07:27
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Africa Forward Summit : Félix Tshisekedi plaide pour une refondation de l’ordre mondial

À Nairobi, la République démocratique du Congo a porté un discours offensif sur les enjeux géopolitiques, climatiques et économiques mondiaux. Devant plusieurs chefs d’État africains, investisseurs et partenaires internationaux réunis au sommet Africa Forward, le président Félix Tshisekedi a plaidé pour une refondation de la gouvernance mondiale, une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU et une limitation du droit de veto en cas d’atrocités de masse. Kinshasa entend désormais imposer son statut de « pays-solutions », en s’appuyant sur ses minerais stratégiques, son potentiel énergétique et son rôle clé dans les équilibres climatiques mondiaux.

La République démocratique du Congo a choisi Nairobi pour affirmer une nouvelle posture diplomatique : celle d’un État qui veut peser davantage dans les grands débats internationaux et participer à la redéfinition des équilibres géopolitiques mondiaux.

Invité au sommet « Africa Forward : des partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance », organisé du 11 au 12 mai 2026 dans la capitale kényane, le président Félix Tshisekedi a porté, au nom de la RDC, un plaidoyer en faveur d’une réforme du système multilatéral et d’une gouvernance internationale jugée plus équitable pour les États africains.

Prenant part à une session plénière consacrée aux enjeux de paix et de sécurité en Afrique, la délégation congolaise a estimé que « le multilatéralisme ne peut plus être un vestige du passé, mais doit devenir le reflet du présent ».

À travers cette prise de position, Kinshasa appelle à une refondation de la gouvernance mondiale autour d’un multilatéralisme qualifié de « juste et efficace », dans un contexte marqué par les critiques croissantes des pays africains sur leur faible représentation dans les grandes institutions internationales.

La RDC a particulièrement insisté sur la nécessité de réformer le Conseil de sécurité des Nations unies. Pour les autorités congolaises, cette réforme « n’est pas une faveur faite à l’Afrique, mais une condition de survie pour la légitimité internationale ».

Dans cette logique, Kinshasa a réaffirmé son soutien au consensus d’Ezulwini et à la Déclaration de Syrte, qui réclament l’attribution à l’Afrique de deux sièges permanents au Conseil de sécurité avec tous les privilèges associés, y compris le droit de veto tant que celui-ci continuera d’exister.

La délégation congolaise a également dénoncé l’inaction de la communauté internationale face aux violences qui secouent l’Est de la RDC depuis plusieurs décennies.

« Aucun mécanisme institutionnel ne doit paralyser la communauté internationale lorsqu’elle est confrontée à des crimes de guerre ou des génocides », a soutenu la RDC, qui plaide pour une limitation de l’usage du droit de veto dans les situations d’atrocités de masse.

« Le droit de veto doit protéger la paix, pas l’impunité », a insisté la délégation congolaise au cours des discussions.

Au-delà des questions sécuritaires et diplomatiques, la RDC a profité du sommet pour défendre son positionnement stratégique dans les domaines énergétique, climatique et économique.

Lors des échanges consacrés au financement des systèmes de santé, Kinshasa a présenté plusieurs réformes engagées sous le leadership du président Félix Tshisekedi, notamment la Couverture santé universelle, financée à hauteur de plus de 42 millions de dollars, la Taxe de promotion de la santé destinée à mobiliser au moins 150 millions de dollars, ainsi que l’Assurance maladie obligatoire reposant sur une contribution solidaire de 2,5 % sur les salaires.

Selon les autorités congolaises, ces mécanismes doivent permettre à la RDC de passer progressivement d’un système de santé « assisté » à un système « financé souverainement ».

Sur le volet environnemental, Kinshasa a réaffirmé sa volonté de faire reconnaître la RDC comme un « pays-solutions » face aux défis climatiques mondiaux. Les autorités congolaises mettent en avant les forêts du bassin du Congo, les tourbières ainsi que les importantes réserves de minerais stratégiques indispensables à la transition énergétique mondiale.

Cette notion de « pays-solutions », désormais centrale dans le discours diplomatique congolais, vise à repositionner la RDC non plus uniquement comme un pays affecté par les crises sécuritaires, mais comme un acteur incontournable des nouvelles chaînes de valeur liées à l’énergie, aux technologies vertes et à l’industrialisation mondiale.

Le sommet Africa Forward intervient dans un contexte de recomposition des relations entre l’Afrique et l’Europe. Selon les organisateurs, près de 23 milliards d’euros d’investissements privés ont été mobilisés lors de cette édition, dont 14 milliards portés par des entreprises françaises et 9 milliards par des investisseurs africains.

Prenant la parole à Nairobi, le président français Emmanuel Macron a défendu un partenariat « équilibré et respectueux » entre l’Afrique et l’Europe, affirmant que « la réussite de l’Afrique et celle de l’Europe sont étroitement liées ».

Infos27

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