Un nouveau drame relance les inquiétudes sur l’état des infrastructures publiques à Beni, au Nord-Kivu. Mardi matin, une portion du mur d’enceinte du stade municipal du 15 Octobre, dans la commune de Bungulu, s’est écroulée sur deux élèves qui se rendaient à l’école, provoquant leur mort sur place. Alors que la ville reste sous le choc, la Coordination des Comités d’Élèves de Beni (COCEB) et la Protection civile dénoncent une catastrophe évitable et réclament des mesures urgentes autour de ce site en réhabilitation, déjà touché par plusieurs incidents similaires ces dernières années.
La ville de Beni est plongée dans une profonde émotion après l’effondrement, mardi matin, d’une partie du mur d’enceinte du stade municipal du 15 Octobre, dans le quartier Résidentiel, commune de Bungulu, ayant coûté la vie à deux jeunes élèves qui se rendaient à l’école.
Le drame s’est produit dans l’avant-midi, alors que plusieurs habitants circulaient le long de la rue Sivavuyirwa, à proximité du stade en réhabilitation. Selon des témoins, une portion du mur s’est brusquement écroulée au passage des victimes, les ensevelissant sous les décombres.
Les deux élèves décédées ont été identifiées comme Masika Nduyiri Mery, élève en 2ᵉ Nutrition, et Bandu Lukogho, élève en 3ᵉ Vétérinaire, toutes deux inscrites au Complexe scolaire La Victoire.
Les équipes de la Croix-Rouge et des éléments de la Police nationale congolaise sont rapidement intervenus pour extraire les corps des victimes, ensuite transférés à la morgue de l’Hôpital général de référence de Beni.
Un stade déjà fragilisé
Ce drame remet au centre des préoccupations l’état de dégradation du stade du 15 Octobre, où plusieurs fissures étaient visibles depuis des semaines sur certaines parties du mur d’enceinte.
Des habitants du quartier affirment que le système de canalisation des eaux de ruissellement, jugé défectueux, aurait progressivement fragilisé la structure avant son effondrement.
Ce n’est pas la première fois qu’un incident similaire se produit sur ce site sportif. Une autre portion du mur s’était déjà écroulée il y a plus d’une année, provoquant des dégâts matériels sans faire de victimes.
Sur place, plusieurs riverains dénoncent également des travaux de réhabilitation réalisés sans respect rigoureux des normes techniques.
Kambale Silwere Kanzoka, responsable local interrogé après le drame, estime que « le non-respect des normes d’ingénierie » serait à la base de l’effondrement.
Selon lui, « le mortier utilisé pour fixer les moellons ne contenait pas suffisamment de ciment », rendant ainsi l’ouvrage vulnérable face aux intempéries.
Il ajoute que les fortes pluies enregistrées dans la nuit de lundi à mardi, combinées à la boue déversée dans le stade dans le cadre des travaux en cours, auraient exercé une pression importante sur le mur avant son écroulement.
La COCEB et la Protection civile réclament des mesures
La Coordination des Comités d’Élèves de Beni (COCEB) a exprimé sa « profonde consternation » après la mort des deux élèves.
Dans un message signé par son président, Kikuku Bashiru Kambale, l’organisation a présenté ses condoléances aux familles endeuillées, aux enseignants ainsi qu’aux camarades des victimes.
La COCEB estime que cette tragédie laisse « un vide immense » dans la communauté scolaire de Beni et appelle les autorités à renforcer la sécurité des infrastructures publiques afin d’éviter de nouveaux drames.
L’organisation invite également les élèves au calme et à l’unité dans un climat de recueillement.
De son côté, la Protection civile de Beni a également réagi à travers son responsable, Jean-Paul Kapitula, rappelant qu’il s’agit du « troisième effondrement » enregistré au même endroit.
« Pendant cette période de pluie, il y aura toujours des événements inhabituels. Nous devons tous attirer l’attention sur tout ce qui peut constituer un danger », a-t-il déclaré.
La structure appelle à des mesures sécuritaires immédiates autour du stade ainsi qu’à l’ouverture d’une enquête pour établir les responsabilités.
Après l’incident, les décombres ont été évacués par un véhicule de la société chargée des travaux de réhabilitation du stade.
Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

