Le gouvernement congolais veut accélérer la mise en œuvre de la caisse nationale de péréquation, longtemps restée au stade des dispositions constitutionnelles. Devant le Sénat, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a annoncé l’organisation en juillet 2026 d’un atelier national technique destiné à définir les mécanismes opérationnels de financement des investissements provinciaux. Cette rencontre réunira les principales parties prenantes afin d’harmoniser les approches et de fixer une feuille de route pour rendre effectif ce dispositif censé réduire les déséquilibres de développement entre les provinces de la République démocratique du Congo.
Le gouvernement congolais veut remettre au centre des priorités la question de la caisse nationale de péréquation, mécanisme constitutionnel destiné à soutenir le financement du développement des provinces. Mardi, lors d’une séance plénière au Sénat consacrée à une question orale avec débat, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a annoncé l’organisation prochaine d’un atelier national technique consacré à l’opérationnalisation de cette structure financière.
Prévue pour juillet 2026, cette rencontre doit réunir l’ensemble des parties prenantes impliquées dans la mise en œuvre du mécanisme de péréquation afin de dégager une approche commune et de fixer les modalités pratiques de son fonctionnement.
Face aux sénateurs, le ministre des Finances a reconnu la nécessité de consolider le cadre opérationnel devant permettre l’effectivité des financements destinés aux investissements provinciaux.
« Nous avons sollicité l’organisation d’un atelier technique regroupant les parties prenantes concernées. Cet exercice devra permettre d’aboutir à une compréhension commune des enjeux, à la consolidation du cadre opérationnel et à la définition d’une feuille de route en vue de rendre pleinement effectif les financements des investissements à travers les mécanismes de la péréquation tels que prévu dans la Constitution », a déclaré Doudou Fwamba devant les membres de la Chambre haute du Parlement.
Un mécanisme constitutionnel encore peu appliqué
Prévue par la Constitution de la République démocratique du Congo, la caisse nationale de péréquation est censée contribuer à corriger les inégalités de développement entre les provinces en finançant des projets d’infrastructures et d’investissements publics dans les zones les moins favorisées.
Le dispositif repose notamment sur l’affectation d’une partie des recettes nationales destinée à soutenir les provinces confrontées à des déficits structurels en matière d’équipements, de services sociaux et d’infrastructures de base.
Malgré son importance dans l’architecture institutionnelle de la décentralisation congolaise, ce mécanisme peine cependant à devenir pleinement opérationnel depuis plusieurs années, en raison notamment de contraintes financières, administratives et organisationnelles.
L’annonce de cet atelier national apparaît ainsi comme une tentative du gouvernement de relancer concrètement un chantier régulièrement évoqué dans les débats institutionnels et budgétaires.
Vers une feuille de route pour les investissements provinciaux
Selon le ministre des Finances, les travaux prévus en juillet devront permettre d’élaborer une feuille de route claire pour assurer l’effectivité des financements liés à la péréquation.
L’objectif affiché consiste à harmoniser les positions des différents acteurs concernés, notamment les institutions publiques, les experts techniques et les représentants des provinces.
Le gouvernement entend également clarifier les mécanismes de gestion, de répartition et de contrôle des ressources destinées à la caisse de péréquation afin de garantir une meilleure transparence dans l’utilisation des fonds publics.
Pour plusieurs observateurs, l’opérationnalisation effective de ce mécanisme pourrait constituer un levier important pour renforcer la politique de décentralisation et réduire les disparités économiques persistantes entre les provinces congolaises.
Au Sénat, les discussions autour de la caisse de péréquation traduisent aussi les préoccupations récurrentes des élus provinciaux concernant le financement du développement local.
Plusieurs sénateurs plaident depuis des années pour une application rigoureuse des dispositions constitutionnelles relatives à la décentralisation financière, estimant que de nombreuses provinces restent confrontées à un manque chronique de moyens pour financer leurs infrastructures et leurs services publics.
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