Le Gouvernement congolais engage une nouvelle offensive contre l’occupation jugée illégale des biens publics. À travers un communiqué officiel signé le 19 mai 2026, le ministre des Postes et Télécommunications, Augustin Kibassa Maliba, annonce l’ouverture d’une opération de récupération des terrains et immeubles appartenant à la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT). Après une mission de constat effectuée sur plusieurs sites, le ministère évoque des cas de « spoliation » et accorde un délai d’un mois aux occupants détenteurs de titres fonciers pour présenter leurs preuves de propriété. Une démarche qui s’inscrit dans la volonté affichée du pouvoir de restaurer l’autorité de l’État sur son patrimoine immobilier.
La question de la récupération des patrimoines publics revient au centre de l’action gouvernementale. Dans un communiqué de service rendu public mardi 19 mai, le cabinet du ministre des Postes et Télécommunications annonce avoir identifié plusieurs cas de spoliation touchant les terrains et immeubles de la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT).
Selon le document officiel, le ministre a effectué une descente sur différents sites appartenant à cette entreprise publique afin d’évaluer la situation foncière et immobilière de la société.
« Le Cabinet de Son Excellence Monsieur le Ministre des Postes et Télécommunications informe l’opinion publique que Me José Mpanda Kabangu a effectué une descente sur les différents sites de la Société Congolaise des Postes et Télécommunications (SCPT) et s’est rendu compte de la spoliation de plusieurs terrains et immeubles de cette société de l’État », indique le communiqué.
Cette sortie intervient dans un contexte marqué par la multiplication des contentieux liés aux concessions publiques et aux occupations irrégulières des espaces appartenant à l’État congolais, particulièrement à Kinshasa où plusieurs entreprises publiques dénoncent depuis des années la disparition progressive de leurs patrimoines fonciers.
Un ultimatum d’un mois aux occupants
Face à cette situation, le ministère des Postes et Télécommunications annonce des mesures conservatoires et exige des occupants concernés de se présenter devant le cabinet ministériel avec les documents justifiant leur droit de propriété.
Le communiqué précise que les personnes disposant de titres fonciers sont invitées à se présenter au cabinet du ministre, situé au troisième niveau de l’immeuble du Gouvernement sur le boulevard du 30 Juin, munies de « tous les éléments de preuves ».
« Une durée d’un mois leur est accordée avant des mesures urgentes et importantes qui visent à remettre l’État congolais dans ses droits », avertit le ministère.
À travers cette démarche, le Gouvernement semble vouloir établir un état des lieux précis des occupations litigieuses avant l’éventuel lancement d’opérations de récupération des sites concernés.
Une opération alignée sur les orientations du chef de l’État
Dans son communiqué, le ministère rattache explicitement cette initiative aux orientations données par le président Félix Tshisekedi lors de la 89ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres.
Depuis plusieurs mois, les autorités congolaises multiplient les annonces en faveur de la récupération des biens publics occupés illégalement ou cédés dans des conditions controversées. Plusieurs entreprises du portefeuille de l’État, confrontées à d’importantes difficultés financières, considèrent désormais la récupération de leurs actifs immobiliers comme un levier stratégique pour leur redressement.
Dans le cas spécifique de la SCPT, cette question apparaît d’autant plus sensible que l’entreprise traverse depuis des années une profonde crise structurelle marquée par des difficultés financières, une baisse de ses capacités opérationnelles et des contestations récurrentes autour de la gestion de son patrimoine.
Au-delà du seul dossier de la SCPT, cette opération illustre le retour au premier plan de la problématique de la protection des biens publics en RDC. La multiplication des occupations privées sur des terrains appartenant à l’État constitue depuis longtemps une source de conflits administratifs, judiciaires et politiques.
Infos27

