À quarante-huit heures de la journée de « ville morte » annoncée par la plateforme de l’opposition C64 et de la marche projetée par un regroupement de la majorité présidentielle à Kinshasa, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC) tire la sonnette d’alarme. Face à la montée des discours de haine, des menaces, des appels à l’intimidation et des risques de violences, l’institution appelle les acteurs politiques, les autorités publiques et les citoyens au respect des droits fondamentaux et de l’État de droit. Elle rappelle que nul ne peut être contraint de participer à une manifestation ou à une opération de ville morte contre sa volonté et exhorte toutes les parties à privilégier la paix, la tolérance et la responsabilité.
À l’approche des manifestations prévues le 3 juin à Kinshasa, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC) a exprimé sa vive préoccupation face à la recrudescence des menaces, des discours de haine, des actes de violence et des appels au vandalisme observés dans l’espace public et sur les réseaux sociaux.
Dans un communiqué publié lundi 1er juin et signé par son président, Paul Nsapu Mukulu, l’institution d’appui à la démocratie dit suivre avec inquiétude l’évolution du climat politique consécutif à l’appel à une journée de « ville morte » lancé par la plateforme de l’opposition C64, ainsi qu’à la marche annoncée à la même date par un regroupement de la majorité présidentielle.
« La CNDH-RDC exprime sa vive préoccupation face à la recrudescence des menaces, des discours de haine, de la violence et du vandalisme, depuis l’appel à observer une ville morte le 03 juin 2026 lancé par l’opposition politique regroupée au sein de la plateforme C64 et, d’autre part, une marche projetée par le regroupement de la majorité présidentielle à la même date à Kinshasa », indique le communiqué.
Face à cette situation, la Commission rappelle à l’ensemble des acteurs politiques la nécessité de préserver les principes démocratiques et de garantir le respect des libertés fondamentales consacrées par la Constitution.
Les libertés publiques doivent s’exercer dans le respect de la loi
La CNDH souligne que les libertés d’expression, d’opinion et de manifestation pacifique demeurent des droits garantis tant par la Constitution de la République que par les instruments internationaux relatifs aux droits humains ratifiés par la RDC.
Toutefois, l’institution insiste sur le fait que l’exercice de ces libertés doit impérativement se faire dans le respect de l’ordre public, des lois de la République et des droits d’autrui.
Pour la Commission, le contexte actuel ne saurait justifier des comportements susceptibles de porter atteinte à la sécurité des personnes ou de compromettre la cohésion sociale.
Elle met particulièrement en garde contre toute tentative de coercition à l’égard des citoyens.
« Aucun citoyen ne peut être contraint de participer à une manifestation publique ou à observer une opération de ville morte contre sa volonté », rappelle la CNDH.
L’institution estime que les menaces, les actes d’intimidation, les violences ou les destructions de biens constituent des violations des droits humains incompatibles avec les principes démocratiques.
Un appel aux autorités pour garantir la sécurité
La Commission nationale des droits de l’homme interpelle également les autorités compétentes afin qu’elles prennent toutes les dispositions nécessaires pour assurer la protection des personnes et de leurs biens lors des activités prévues.
Elle demande que le maintien de l’ordre s’effectue dans le strict respect des droits humains et conformément aux lois de la République.
Selon la CNDH, les pouvoirs publics ont la responsabilité de prévenir tout dérapage susceptible de compromettre le caractère pacifique des actions annoncées.
Dans le même temps, l’institution invite l’ensemble des acteurs politiques, sociaux et citoyens à faire preuve de responsabilité, de retenue et de civisme.
« La CNDH appelle l’ensemble des acteurs politiques, sociaux et citoyens à faire preuve de responsabilité, de retenue et de civisme afin que toute expression démocratique se déroule dans un climat de paix, de tolérance et de respect mutuel », souligne le communiqué.
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