Malgré un contexte sécuritaire encore fragile dans certaines zones de la province, près de 156.000 élèves finalistes du cycle primaire du Nord-Kivu prennent part, ce jeudi 4 juin, à l’Examen national de fin d’études primaires (ENAFEP), témoignant de la résilience du système éducatif et de la détermination de milliers de jeunes à poursuivre leur parcours scolaire.
Parmi les candidats inscrits figurent plus de 78.000 filles, réparties dans plus de 550 centres d’examen à travers la province. Pour garantir le bon déroulement des épreuves, les autorités éducatives ont adapté le dispositif organisationnel en relocalisant certains centres vers des zones plus sécurisées, notamment dans les territoires de Rutshuru, Masisi et Beni.
Cette mobilisation illustre la volonté des autorités et des communautés locales de préserver le droit à l’éducation malgré les défis auxquels reste confrontée la région.
Une organisation renforcée pour garantir les épreuves
À quelques heures du lancement officiel des examens, les préparatifs ont été finalisés dans les différentes écoles concernées. Inspecteurs, chefs d’établissements et enseignants ont multiplié les efforts afin d’assurer le bon déroulement de cette évaluation nationale qui marque la fin du cycle primaire.
Les autorités éducatives soulignent que toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour permettre aux élèves de composer dans des conditions optimales.
Pour de nombreuses familles, cette session de l’ENAFEP représente bien plus qu’un simple examen. Elle constitue une étape décisive vers l’enseignement secondaire et un symbole d’espoir pour une génération qui continue de croire en l’avenir malgré les difficultés.
Afin d’accompagner cette importante échéance scolaire, un dispositif sécuritaire renforcé a été mis en place dans plusieurs zones de la province.
Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par la MONUSCO et l’armée ougandaise (UPDF), coordonnent leurs interventions pour sécuriser les principaux axes routiers et les centres d’examen.
Des patrouilles supplémentaires ont également été déployées dans certaines localités afin de rassurer les populations et de garantir la tenue des épreuves dans le calme.
Cette mobilisation intervient alors que plusieurs territoires du Nord-Kivu demeurent confrontés à l’activisme de groupes armés, notamment les rebelles ADF, responsables de nombreuses attaques contre les populations civiles.
L’éducation comme réponse à l’adversité
Au-delà des mesures sécuritaires, les autorités maintiennent également un dispositif sanitaire préventif dans les centres d’examen. Le lavage des mains, le contrôle de température et d’autres mesures de protection demeurent recommandés dans certaines zones concernées par la surveillance épidémiologique.
Dans les écoles de Beni et d’autres territoires affectés, enseignants, parents et responsables éducatifs ont multiplié les messages d’encouragement à l’endroit des élèves.
La ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté a appelé les familles à soutenir les candidats tout au long de cette étape importante.
« Nous invitons les parents et tuteurs à rassurer les finalistes afin qu’ils abordent cette étape avec calme et détermination », a-t-elle déclaré.
Pour de nombreux observateurs, la tenue de l’ENAFEP dans l’ensemble de la province constitue un signal fort de continuité de l’État et de résistance face aux tentatives de déstabilisation.
Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu

