Sous le regard attentif de l’Union africaine, du Qatar et des États-Unis, Kinshasa et Kigali ont franchi une étape symbolique et prometteuse vers l’apaisement. Les 7 et 8 août à Addis-Abeba, la première réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité a posé les bases de l’application de l’accord de paix signé fin juin à Washington. Neutralisation des FDLR, désengagement militaire rwandais et échanges de renseignements figurent au cœur de ce dispositif. Si le chemin reste semé d’incertitudes, cette séquence marque l’affirmation d’une volonté commune, portée par un accompagnement international résolu, d’ancrer la région des Grands Lacs dans une dynamique de stabilité durable.
Réunis à Addis-Abeba les 7 et 8 août, des représentants de la République démocratique du Congo (RDC) et de la République du Rwanda, ainsi que des observateurs des États-Unis, du Qatar, du Togo – facilitateur désigné par l’Union africaine – et de la Commission de l’UA, ont tenu la première rencontre du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (MCCS). Cette structure est chargée de veiller à la mise en œuvre de l’accord de paix conclu le 27 juin à Washington, censé ouvrir une nouvelle phase dans le rapprochement entre Kinshasa et Kigali.
Un agenda centré sur la sécurité
Les discussions ont porté sur l’application du « concept d’opérations » et du plan harmonisé de neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ainsi que sur le désengagement progressif des forces et la levée des mesures défensives par Kigali. Les participants ont également mandaté le mécanisme conjoint pour faciliter l’échange de renseignements et d’informations entre les deux pays, afin de rendre l’accord pleinement opérationnel.
Des termes de référence adoptés
Selon un communiqué du Département d’État américain, les membres permanents de la RDC et du Rwanda ont approuvé les termes de référence qui encadreront les futures réunions du MCCS. Les travaux ont déjà permis d’amorcer la discussion sur les modalités concrètes de mise en œuvre, dans un esprit que les parties qualifient de « constructif et pragmatique ».
Un accompagnement international affirmé
La Commission de l’Union africaine, l’État du Qatar et les États-Unis – tous impliqués dans la médiation – ont participé aux échanges afin de garantir une application « effective, efficace et impartiale » de l’accord, et de soutenir les initiatives de « bonne foi » pour instaurer une stabilité durable dans la région des Grands Lacs.
Kinshasa et Kigali ont exprimé, d’une même voix, leur reconnaissance envers l’Union africaine, les États-Unis et le Qatar pour leurs « précieuses contributions » et leur engagement conjoint en faveur d’une résolution pacifique des tensions. Pour les observateurs présents, cette première réunion marque une étape encourageante dans un processus encore fragile, mais porteur d’espoir, à condition que la volonté politique affichée se traduise rapidement en actes sur le terrain.
Infos27

