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17 avril, 2026 - 21:00:41
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Clôture de Davos : Julien Paluku acte la fin de la diplomatie de sollicitation

Tourner la page de la dépendance. À la clôture du Forum économique mondial de Davos, la République démocratique du Congo a affiché une ligne plus offensive que défensive. Représentant le chef de l’État, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a théorisé ce qu’il décrit comme une « rupture doctrinale » : abandonner la diplomatie de sollicitation pour une diplomatie d’influence fondée sur des partenariats stratégiques. Dans un rendez-vous dominé par les grandes puissances économiques et les capitaines d’industrie, Kinshasa ne veut plus apparaître comme un pays en quête d’aide, mais comme un acteur clé des chaînes de valeur mondiales, fort de ses minerais, de son marché et de sa position géopolitique. Une inflexion de discours, mais surtout une tentative de repositionnement politique.

Pendant longtemps, la RDC venait dans les forums internationaux pour plaider des appuis financiers. À Davos, le message s’est voulu différent : ne plus demander, mais négocier.

À la clôture du Forum économique mondial, qui a réuni près de 3 000 dirigeants politiques et économiques, Julien Paluku Kahongya, ministre du Commerce extérieur et représentant du président Félix Tshisekedi, a défendu une ligne plus affirmée. Selon lui, le pays entre dans « une diplomatie d’influence et de partenariats ».

Comprendre : sortir de la posture de bénéficiaire pour s’installer à la table des décideurs.

Durant quatre jours, la délégation congolaise a multiplié les panels et les rencontres bilatérales. Le ministre dit avoir participé à une dizaine d’échanges où la RDC, forte de ses ressources minières stratégiques, s’est retrouvée « au cœur des débats ».

Changer de narratif

Invité au panel « Accra Reset », aux côtés notamment du président ghanéen, du vice-président nigérian et de plusieurs dirigeants africains, Julien Paluku a plaidé pour une coopération « plus souveraine » et des modèles économiques durables.

Dans son entourage, on insiste sur la nécessité de « changer le narratif » entourant la RDC : ne plus réduire le pays à ses crises sécuritaires, mais mettre en avant son rôle central dans l’économie mondiale, notamment à travers les minerais critiques indispensables à la transition énergétique.

Le ministre résume cette inflexion comme une rupture stratégique. Selon lui, l’absence à ce type de rendez-vous laisserait d’autres définir les règles du jeu économique mondial sans Kinshasa.

Derrière le discours, une conviction : la taille du territoire, l’abondance des ressources et la place croissante du cobalt et du cuivre donnent à la RDC un levier de négociation inédit.

Reste à transformer l’affichage diplomatique en résultats concrets : investissements, contrats, industrialisation locale.

Car à Davos, les déclarations comptent. Mais ce sont les partenariats signés qui tranchent.

Pour Kinshasa, l’enjeu est clair : prouver que cette « diplomatie d’influence » ne relève pas seulement du slogan, mais d’une stratégie capable de modifier durablement la place du pays dans l’économie mondiale.

Infos27

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