La République démocratique du Congo accélère sa quête de financements pour ses grands projets de transformation économique. En mission à Abidjan, le ministre du Commerce extérieur et représentant personnel du Chef de l’État auprès de l’AUDA-NEPAD, Julien Paluku Kahongya, a obtenu l’ouverture d’un dialogue permanent avec la Banque africaine de développement (BAD) autour de plusieurs projets structurants. Infrastructures routières et ferroviaires, corridors de transport, zones économiques spéciales, digitalisation des frontières, filière cacao et industrie des batteries figurent parmi les priorités présentées à l’institution financière panafricaine.
La mobilisation des financements destinés aux principaux projets structurants de la République démocratique du Congo a été au centre d’une séance de travail entre le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, et les responsables de la Banque africaine de développement (BAD), jeudi à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Reçu au siège de l’institution financière continentale par Salomon Quaynor, vice-président chargé du secteur privé, des infrastructures et de l’industrialisation, le ministre congolais a présenté une série de projets considérés comme prioritaires pour la transformation économique du pays et l’accélération de son intégration régionale.
Des projets structurants au cœur des échanges
Au cours des discussions, Julien Paluku a sollicité l’accompagnement de la BAD pour financer plusieurs projets stratégiques à fort impact économique.
Parmi les dossiers présentés figure la valorisation de la filière cacaoyère congolaise, destinée à renforcer la transformation locale du cacao et à accroître les revenus des producteurs.
Le ministre a également plaidé pour la construction et la digitalisation des postes frontaliers à arrêt unique de Kasindi, Kasumbalesa et Lufu, considérés comme des infrastructures essentielles à la fluidification des échanges commerciaux entre la RDC et les pays voisins.
L’objectif poursuivi est de réduire les délais de passage aux frontières, de renforcer la compétitivité du commerce extérieur congolais et d’améliorer la collecte des recettes publiques.
La modernisation de ces postes s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de facilitation des échanges dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Les corridors de transport au service de l’intégration
Les grands projets d’infrastructures régionales ont également occupé une place importante dans les échanges.
Julien Paluku a notamment présenté le projet routier Kisangani-Beni-Kasindi-Ouganda destiné à relier l’océan Atlantique à l’océan Indien à travers le port de Mombasa au Kenya.
Le ministre a également défendu le projet ferroviaire Tanzanie-Burundi-Kindu, conçu pour désenclaver le centre de la RDC et faciliter son accès au port de Dar es Salaam en Tanzanie.
Les discussions ont aussi porté sur le corridor de Lobito, considéré par les autorités congolaises comme un programme intégré devant stimuler les échanges commerciaux et favoriser l’industrialisation des provinces traversées.
Dans cette optique, le Gouvernement congolais souhaite développer des zones économiques spéciales le long des corridors de transport afin de transformer ces axes logistiques en véritables pôles de développement industriel.
L’industrialisation et les minerais stratégiques en priorité
La rencontre a également permis d’aborder les perspectives liées à la transformation locale des ressources minières stratégiques.
Le ministre du Commerce extérieur a plaidé pour un soutien accru au développement de l’industrie des batteries et des véhicules électriques, notamment autour de la Zone économique spéciale de Musompo, dans la province du Lualaba.
Pour Kinshasa, la transformation locale des minerais constitue l’un des leviers essentiels pour accroître la valeur ajoutée nationale et renforcer la position de la RDC dans les chaînes mondiales d’approvisionnement en minerais critiques.
Le projet de pont route-rail Kinshasa-Brazzaville ainsi que le corridor de mobilité urbaine destiné à améliorer la fluidité des transports dans la capitale congolaise ont également été inscrits parmi les priorités soumises à l’attention de la BAD.
Au-delà des projets sectoriels, Julien Paluku a sollicité la réactivation de plusieurs mécanismes de l’AUDA-NEPAD, notamment les fonds de préparation des projets, le Programme de développement des infrastructures en Afrique et l’initiative africaine des trains à grande vitesse.
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