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Kinshasa
4 juin, 2026 - 19:24:59
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Ebola : le CSAC encadre l’information pour lutter contre la désinformation

Face à la recrudescence des fausses informations autour de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a décidé de renforcer l’encadrement du traitement médiatique de la crise sanitaire. Réuni en Assemblée plénière à Kinshasa, le régulateur des médias a adopté une directive imposant aux journalistes, médias, plateformes numériques et influenceurs le respect strict des règles de vérification, de responsabilité et de protection de la dignité humaine. L’objectif est de soutenir les efforts de riposte sanitaire en garantissant au public une information fiable, utile et exempte de tout sensationnalisme.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a adopté jeudi une directive portant encadrement du traitement de l’information relative à la maladie à virus Ebola par les médias, les plateformes numériques, les journalistes et autres professionnels de la communication, dans le but de prévenir la désinformation et de soutenir les efforts nationaux de riposte sanitaire.

La décision a été prise au cours d’une Assemblée plénière du régulateur des médias, à la suite du constat de la circulation d’informations non vérifiées, inexactes ou alarmistes concernant l’évolution de l’épidémie, les modes de transmission du virus, les chiffres des cas enregistrés ainsi que les mécanismes de prise en charge mis en place par les autorités sanitaires.

Selon le CSAC, la diffusion de contenus approximatifs ou sensationnalistes constitue un risque majeur pour la santé publique dans un contexte où la lutte contre Ebola nécessite la mobilisation de tous les acteurs de la société.

Le régulateur dénonce les dérives informationnelles

Dans son analyse, le CSAC estime que certaines pratiques médiatiques observées depuis le début de l’épidémie sont susceptibles de compromettre les efforts engagés sur le terrain.

L’institution relève que la propagation de rumeurs ou d’informations non confirmées peut provoquer la panique au sein de la population, alimenter la méfiance à l’égard des structures sanitaires, favoriser la stigmatisation des personnes touchées et compliquer le travail des équipes de riposte.

À travers cette directive, l’autorité de régulation rappelle que la liberté de la presse demeure un principe fondamental garanti par la loi, mais qu’elle s’exerce dans le respect de la vérité, de la responsabilité sociale des médias, de l’ordre public et du droit du public à une information exacte.

« La liberté d’informer demeure garantie, mais elle doit s’exercer dans le strict respect de la vérité, de la dignité humaine, de l’ordre public et du droit du public à une information vérifiée et utile », souligne le texte adopté.

Des obligations renforcées pour les médias et les plateformes numériques

La directive impose désormais aux médias audiovisuels, à la presse écrite, aux médias en ligne ainsi qu’aux créateurs de contenus numériques de vérifier systématiquement toute information liée à Ebola avant sa publication ou sa diffusion.

Le CSAC recommande notamment le recours aux sources sanitaires officielles, aux autorités compétentes, aux équipes de riposte et à la Task Force gouvernementale chargée de la gestion de l’épidémie.

Le document interdit expressément la diffusion de rumeurs, de statistiques non validées, de témoignages non recoupés ou de contenus susceptibles d’alimenter la peur et la confusion.

Les responsables éditoriaux sont également invités à faire preuve de prudence dans le traitement des informations concernant les personnes infectées ou suspectées de l’être.

Le respect de la vie privée, de la dignité humaine et de la présomption sanitaire figure parmi les principes rappelés par le régulateur.

Rectification obligatoire en cas d’erreur

Parmi les dispositions adoptées, le CSAC introduit une obligation de rectification publique pour tout média ou professionnel ayant diffusé une information erronée ou insuffisamment vérifiée.

La correction devra intervenir dans les meilleurs délais et bénéficier d’une visibilité comparable à celle accordée à l’information initiale.

L’objectif poursuivi est de limiter les conséquences de la désinformation et de rétablir rapidement les faits lorsque des erreurs sont constatées.

Le régulateur prévient également que le non-respect de cette directive pourra entraîner l’application des sanctions prévues par la législation en vigueur.

Ces mesures vont de la mise en demeure à la suspension du média concerné, sans exclure une éventuelle saisine des juridictions compétentes lorsque les faits relèvent d’infractions prévues par la loi.

Au-delà du volet répressif, le CSAC invite les médias à jouer un rôle actif dans la sensibilisation des populations.

L’institution encourage la diffusion des messages officiels de prévention, la promotion des bonnes pratiques sanitaires et la lutte contre les fausses informations.

Pour le régulateur, la communication médiatique constitue un maillon essentiel de la stratégie nationale de lutte contre Ebola.

« Informer sans affoler, sensibiliser sans stigmatiser, alerter sans manipuler », telle est la ligne de conduite que le CSAC entend promouvoir auprès de l’ensemble des professionnels de l’information.

L’Assemblée plénière a, à cet effet, chargé le Bureau du CSAC, le Secrétariat exécutif national et les coordinations provinciales de veiller à l’application rigoureuse de cette directive sur toute l’étendue du territoire national.

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