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13 mai, 2026 - 03:14:54
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Afia Mama : Jacques Djoli sonne l’alarme pour rompre le cycle des violences sexuelles en temps de guerre 

Le rapporteur de l’Assemblée nationale, JacquesDjoli, a ouvert la deuxième édition du cadre de concertation «Genre, droits des femmes et des filles», en présence de personnalités politiques et diplomatiques. Organisée par AfiaMama avec l’appui de l’ambassade de France, cette journée a constitué un plaidoyer lucide et sans détour contre l’impunité des violences sexuelles liées aux conflits.

« La République démocratique du Congo est née dans la violence. Et la femme en paie encore le prix. » D’un ton grave, chiffres à l’appui, Jacques Djoli, rapporteur de l’Assemblée nationale, a dressé, mercredi 2 juillet à Kinshasa, un réquisitoire implacable sur la persistance des violences sexuelles liées aux conflits. Il intervenait à l’ouverture de la deuxième édition du cadre de concertation sur l’agenda « Genre, droits des femmes et des filles », organisé par l’organisation Afia Mama avec l’appui de l’ambassade de France.

Alors que la RDC commémore son 65ᵉ anniversaire d’indépendance, cette journée de réflexion – inscrite dans la commémoration internationale de l’élimination des violences sexuelles en temps de guerre – a rassemblé à l’Assemblée nationale des représentants du pouvoir législatif, des diplomates, des membres de la société civile et des experts. Aux côtés de Jacques Djoli, figuraient notamment la rapporteure adjointe Dominique Munongo, la représentante de la ministre du Genre, les ambassadeurs de France et de Norvège.

Un constat accablant

Devant l’assemblée, Jacques Djoli a égrainé les données d’un fléau structurel : 53 % des femmes subissent des injures de la part de leur partenaire, 39 % sont battues, 27 % endurent des pratiques coutumières néfastes. « En 2009, 99,2 % des victimes de violences sexuelles n’étaient pas des combattants, mais des femmes civiles », a-t-il rappelé, soulignant la faible reconnaissance des hommes comme victimes (0,8 %). Et d’ajouter : « Malgré des accords successifs – de Lusaka à Pretoria, jusqu’à celui du 27 juin 2025 – les femmes continuent d’être les premières cibles de la barbarie. »

Pour le parlementaire, il ne s’agit plus seulement de signer des accords de paix, mais de mettre en place des mécanismes de non-répétition, à travers la législation, le contrôle parlementaire et la responsabilisation des forces en présence. Il a salué à ce titre « la vigilance constante » du président Félix Tshisekedi dans la lutte contre l’impunité.

Des attentes claires

La directrice exécutive d’Afia Mama, Annie Mondi, a renchéri dans un ton sobre mais déterminé : « Les survivantes attendent plus que des discours. Elles exigent des lois, leur application, une présence sur le terrain et un engagement politique durable. » Son plaidoyer a résonné avec force dans la salle, comme un cri lancé à une classe politique souvent jugée déconnectée des réalités du terrain.

L’ambassadeur de France, pour sa part, a souligné le rôle crucial du Parlement dans l’impulsion d’une politique cohérente de prévention, de prise en charge des victimes et de lutte contre l’impunité. Il a salué l’initiative comme un modèle de collaboration entre société civile et institutions publiques, insistant sur la nécessité d’un dialogue constant pour éradiquer les violences sexuelles, qualifiées de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité par le droit international.

L’urgence de l’action

La deuxième partie de la journée a été marquée par plusieurs panels d’experts, abordant les réponses juridiques, sanitaires et sociales à la violence sexuelle en contexte de conflit. Il a notamment été question de la réforme du système judiciaire militaire, de la formation des services de sécurité, et de l’intégration du genre dans les mécanismes de réconciliation.

À Kinshasa, au cœur des institutions, cette journée a résonné comme un rappel : tant que les violences sexuelles continueront d’être utilisées comme armes de guerre, il ne saurait y avoir de paix véritable. Derrière les discours, les regards se tournent désormais vers l’Assemblée nationale, invitée à transformer les promesses en actes.

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