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4 juin, 2026 - 19:21:34
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92 kalachnikovs, 12 RPG-7 : Tshiwewe face à de lourdes accusations

L’ancien chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le général d’armée Christian Tshiwewe Songesha, comparaît devant la Haute Cour militaire dans une affaire aux ramifications sécuritaires et politiques majeures. Le ministère public l’accuse notamment de détention illégale d’un important arsenal de guerre, de recrutement irrégulier de militaires et de participation à un complot visant à renverser l’ordre constitutionnel par les armes. Aux côtés de plusieurs officiers supérieurs, dont certains jugés par contumace, l’ancien patron de l’armée fait face à l’un des actes d’accusation les plus lourds enregistrés ces dernières années devant la justice militaire congolaise.

La Haute Cour militaire a examiné jeudi un dossier aux enjeux sécuritaires majeurs mettant en cause plusieurs officiers supérieurs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), parmi lesquels figure l’ancien chef d’état-major général, le général d’armée Christian Tshiwewe Songesha, poursuivi notamment pour détention illégale d’armes de guerre et participation présumée à un complot contre l’ordre constitutionnel.

Selon l’acte d’accusation présenté par le ministère public, Christian Tshiwewe est poursuivi pour avoir détenu, sans titre ni droit, un important arsenal militaire découvert le 9 juillet 2025 dans sa résidence située dans la commune de la Gombe à Kinshasa.

Le parquet militaire affirme que la saisie a permis de récupérer 92 fusils d’assaut de type Kalachnikov, 12 lance-roquettes RPG-7 ainsi que plusieurs milliers de munitions de guerre.

Les poursuites portent également sur la violation présumée d’une consigne générale donnée à la troupe ainsi que sur le recrutement et l’utilisation d’officiers supérieurs à des fins personnelles.

Un présumé complot contre les institutions

Au-delà des faits liés à la détention d’armes, le dossier revêt une dimension particulièrement sensible en raison des accusations de complot visant à modifier ou détruire l’ordre constitutionnel établi en République démocratique du Congo.

Selon les éléments présentés par l’accusation, le général Christian Tshiwewe aurait adhéré à un projet de changement du régime par les armes et participé à plusieurs réunions tenues à cet effet dans sa résidence.

Le ministère public soutient que ces rencontres auraient réuni plusieurs officiers supérieurs de l’armée ainsi que d’autres personnalités poursuivies dans le même dossier.

Parmi les coaccusés figure notamment le général John Ngoyi wa Kabila, ancien officier d’ordonnance de l’ancien président Joseph Kabila.

Au total, dix officiers des FARDC comparaissent devant la Haute Cour militaire dans le cadre de cette procédure judiciaire.

John Numbi présenté comme le principal instigateur

Le parquet militaire désigne le général d’armée John Numbi Banza Ntambo comme le principal organisateur du présumé complot.

Jugé par contumace, l’ancien haut responsable militaire est accusé d’avoir coordonné depuis le Zimbabwe, où il aurait trouvé refuge après sa désertion en 2021, l’ensemble du réseau mis en cause.

Selon l’accusation, il aurait assuré le financement des activités du groupe à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars tout en appelant publiquement les militaires à renverser les institutions en place.

Le ministère public lui reproche d’avoir dirigé à distance la conjuration et maintenu des contacts réguliers avec plusieurs officiers impliqués dans le dossier.

Introuvable à ce jour, il est poursuivi en son absence devant la Haute Cour militaire.

Pascal Nyembo accusé de coordination opérationnelle

Parmi les prévenus jugés par défaut figure également Pascal Nyembo Muyumba.

Les magistrats militaires le présentent comme l’un des principaux animateurs du réseau.

Selon l’accusation, il aurait assuré la coordination entre les différents membres du groupe ainsi que la mobilisation des ressources destinées à soutenir le projet de renversement du régime constitutionnel.

Le parquet soutient qu’il occupait un rôle central dans l’organisation logistique du mouvement présumé.

L’ouverture de ce procès intervient dans un contexte sécuritaire marqué par la poursuite des opérations militaires dans l’est du pays et par les efforts engagés par les autorités pour renforcer la stabilité institutionnelle.

À ce stade de la procédure, les faits exposés par le ministère public constituent des accusations qui devront être confrontées aux arguments de la défense dans le respect des principes du procès équitable et de la présomption d’innocence.

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