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10 juin, 2026 - 17:35:49
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RDC : plus de 90 % des ménages cuisinent encore au charbon de bois

La transition vers une énergie domestique plus propre reste un défi majeur en République démocratique du Congo. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), plus de 90 % des ménages congolais dépendent encore du charbon de bois, communément appelé « makala », pour préparer leurs repas. Cette situation alimente la déforestation, aggrave la pollution de l’air dans les habitations et pèse sur les revenus des familles. Alors que des alternatives existent déjà, le PNUD estime que l’accès au financement demeure le principal obstacle à l’essor d’un marché de la cuisson propre capable d’accompagner la transition énergétique du pays.

Plus de neuf ménages sur dix en République démocratique du Congo continuent d’utiliser le charbon de bois ou « makala » comme principale source d’énergie pour la cuisson des aliments, selon un communiqué du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) consulté mercredi par l’ACP.

Cette forte dépendance aux combustibles traditionnels place la RDC parmi les pays où l’accès aux solutions de cuisson propre demeure le plus faible, avec des répercussions importantes sur l’environnement, la santé publique et les conditions de vie des populations.

« En République démocratique du Congo, plus de 90 % des ménages dépendent encore du “makala” ou du charbon de bois pour préparer leurs repas. Les conséquences sont lourdes, à savoir la déforestation accélérée, la pollution de l’air domestique et la pression économique croissante sur les familles », souligne le PNUD.

Cette réalité intervient dans un contexte où la demande en énergie domestique continue de croître sous l’effet de l’urbanisation et de la croissance démographique, accentuant davantage la pression sur les ressources forestières du pays.

Un enjeu de santé, d’environnement et de développement

Le PNUD rappelle que l’absence d’accès à des solutions de cuisson propres constitue un problème mondial qui touche encore des milliards de personnes.

Selon l’organisation, près de 2,1 milliards d’individus dans le monde n’ont toujours pas accès à des technologies de cuisson modernes et moins polluantes. Cette situation entraîne chaque année plusieurs millions de décès prématurés liés à la pollution de l’air domestique.

Le communiqué met également en évidence les conséquences sociales de cette dépendance aux combustibles traditionnels, particulièrement pour les femmes et les jeunes filles.

« Les femmes et les filles en paient le prix le plus lourd, consacrant souvent des heures à la collecte de bois au détriment de l’éducation ou d’activités génératrices de revenus », précise le document.

Pour le PNUD, la cuisson propre ne constitue pas uniquement une question énergétique. Elle se situe au croisement de plusieurs enjeux majeurs liés à la santé, à l’égalité des genres, à la protection de l’environnement et au développement économique.

« La cuisson propre n’est pas un sujet marginal, elle se situe à l’intersection du climat, de l’énergie, de la santé, du genre et du développement économique », insiste l’organisation.

Des alternatives déjà disponibles

Face à ces défis, plusieurs solutions sont déjà proposées sur le marché congolais. Des entreprises développent notamment des systèmes de distribution de gaz de pétrole liquéfié (GPL), des foyers améliorés permettant de réduire la consommation de combustible, ainsi que des briquettes et pellets issus de matériaux durables.

Toutefois, le développement de ces alternatives reste limité par les difficultés d’accès au financement.

Selon le PNUD, l’enjeu principal ne réside plus dans l’existence des technologies, mais dans la capacité à mobiliser les ressources nécessaires pour les rendre accessibles à grande échelle.

« Le véritable enjeu aujourd’hui n’est plus de prouver que les solutions d’énergie propre existent, mais de créer les conditions financières permettant à ce marché de démontrer qu’il est nécessaire à la transition énergétique, économiquement viable et attractif pour les investisseurs », indique le communiqué.

Le défi du financement des entreprises

L’organisation souligne que de nombreuses entreprises congolaises opérant dans le secteur de l’énergie propre peinent encore à obtenir des financements adaptés à leurs besoins.

Selon les données de la Banque mondiale citées par le PNUD, 92 % du financement des petites et moyennes entreprises congolaises provient de leurs propres ressources, faute d’un accès suffisant au crédit bancaire.

Les investisseurs considèrent encore ce marché comme émergent, avec des chaînes de valeur fragmentées et des garanties limitées. Dans un contexte de faibles revenus pour une partie importante de la population, la demande est également perçue comme incertaine, ce qui freine davantage les investissements.

Pour le PNUD, lever ces obstacles financiers apparaît aujourd’hui comme une condition essentielle pour accélérer la transition énergétique et réduire durablement la dépendance des ménages congolais au charbon de bois.

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