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9 mars, 2026 - 06:08:27
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Droits des travailleurs : à Kinshasa, Samuel Mbemba lance une médiation inédite entre l’État et la classe ouvrière

Le geste est politique autant que social. Mardi 6 janvier, à Kinshasa, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a officiellement lancé un mécanisme de médiation dédié aux droits fondamentaux des travailleurs. Dans un contexte marqué par des conflits sociaux récurrents, des retards de salaires et une judiciarisation souvent inaccessible aux plus modestes, cette initiative entend offrir un espace de dialogue sans se substituer aux tribunaux ni aux procédures administratives. En recevant directement des ouvriers venus exposer leurs situations, le membre du gouvernement conduit par Judith Suminwa affirme une ambition claire : replacer l’État au cœur de la protection sociale, tout en rassurant sur le respect strict des cadres légaux et institutionnels. Une démarche encadrée par la loi, soutenue par les instances nationales des droits humains, et qui ouvre un nouveau front dans la relation entre pouvoir public et monde du travail.

Le décor est sobre, mais le message est clair. Mardi, dans son cabinet de travail situé dans la commune de la Gombe, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a reçu de nombreux ouvriers venus exposer des situations parfois anciennes, souvent urgentes. Retards de paiement, licenciements contestés, conditions de travail précaires : les dossiers s’accumulent, les attentes aussi.

Face à la presse, le ministre a tenu à lever toute ambiguïté. Cette initiative, a-t-il expliqué, ne viole aucune disposition légale et n’empiète pas sur les compétences des autres ministères ou institutions. Elle ne se substitue ni aux cours et tribunaux, ni aux mécanismes administratifs prévus par le droit congolais. Elle s’inscrit, au contraire, dans un rôle de facilitation et d’orientation.

Une médiation sans substitution judiciaire

Le travail engagé repose sur un principe simple : écouter, analyser, orienter. En ouvrant son cabinet aux travailleurs, le ministre revendique une fonction d’interface entre les citoyens et l’appareil institutionnel. « Il ne s’agit pas de rendre la justice à la place des juges », rappelle son entourage, mais de prévenir l’enlisement des conflits sociaux et de favoriser des solutions conformes à la loi.

Cette démarche trouve son fondement juridique dans l’Ordonnance n°25/293 du 15 décembre, qui fixe les attributions des ministères. Un cadre légal que le ministre brandit comme garantie de légitimité, dans un pays où toute initiative transversale est rapidement scrutée sous l’angle des conflits de compétences.

Un signal politique à la classe ouvrière

En se posant en « avocat » de la classe ouvrière, Samuel Mbemba assume une posture politique. Celle d’un État qui entend reprendre l’initiative sur le terrain social, souvent laissé aux syndicats, aux ONG ou aux tribunaux. Lors du lancement de la médiation, la présence de la Commission nationale des droits de l’homme, représentée par sa vice-présidente Joëlle Kona, a renforcé la crédibilité institutionnelle du processus.

Pour les ouvriers reçus, l’initiative sonne comme un « soulagement ». Certains ont salué une démarche qui leur permet, pour la première fois, d’être entendus sans intermédiaires. En décembre déjà, le ministre avait appelé les employeurs à payer les salaires à temps, afin de préserver la dignité des travailleurs à l’approche des fêtes de fin d’année.

Reste désormais à mesurer l’efficacité concrète de cette médiation. Si elle parvient à produire des solutions tangibles, elle pourrait s’imposer comme un nouvel outil de gouvernance sociale. À défaut, elle n’aura été qu’un signal. Mais à Kinshasa, le signal est passé : la question des droits des travailleurs revient au centre de l’agenda politique.

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