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19 juin, 2026 - 00:17:40
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Référendum et Constitution : devant la Cenco, Tshilumbayi invoque la souveraineté du peuple

Au moment où le débat sur une éventuelle révision de la Constitution continue de polariser la classe politique congolaise, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) s’est imposée, jeudi 18 juin, comme un nouveau théâtre d’affrontement des idées. Réunis au Centre catholique Caritas, à Kinshasa, représentants de la majorité et figures de l’opposition ont exposé leurs positions devant les évêques catholiques, appelés à se prononcer prochainement sur la situation sociopolitique du pays. Face aux prélats, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, a porté la voix de la majorité présidentielle. Son intervention s’est articulée autour d’une idée centrale : la souveraineté appartient au peuple et ne saurait être confisquée ni par les armes, ni par des interprétations restrictives de la Constitution.

Le cadre de l’UDPS a d’abord tenu à dissiper ce qu’il considère comme des malentendus entourant la loi portant modalités d’organisation du référendum, récemment adoptée par l’Assemblée nationale et actuellement au cœur de nombreuses controverses.

« Nous avons tenté de donner des clarifications sur ce qui a été dit et qui n’est pas correct au sujet de cette loi portant modalités d’organisation du référendum », a-t-il déclaré, rappelant que le texte trouve son fondement dans l’article 5 de la Constitution.

Pour Isaac Tshilumbayi, l’adoption de cette loi ne constitue pas une initiative politique exceptionnelle, mais l’exécution d’une obligation constitutionnelle longtemps restée en suspens. Selon lui, le Parlement ne fait que doter la République d’un instrument permettant au peuple d’exercer directement sa souveraineté lorsque les circonstances l’exigent.

« Que le Parlement adopte la loi sur les conditions d’organisation du référendum n’est qu’une possibilité légitime de permettre à notre peuple d’exprimer sa souveraineté », a-t-il insisté.

La souveraineté contre la logique des armes

Mais c’est surtout sur le terrain du pacte républicain que le responsable de la majorité a développé son argumentaire. Dans un pays marqué par plusieurs décennies de conflits armés et de contestations de la légitimité politique, Isaac Tshilumbayi a opposé la légitimité du suffrage à celle de la force.

Sans citer directement les groupes armés actifs dans l’Est du pays ni les épisodes de prise du pouvoir par la violence qui ont jalonné l’histoire congolaise, il a dénoncé toute culture politique fondée sur les armes.

« Il est plus que jamais nécessaire, par éthique, que notre peuple se dote d’une Constitution rédigée par des personnes élues et valables plutôt que par des Congolais récompensés pour leurs crimes », a-t-il affirmé.

Derrière cette formule se dessine une lecture politique du débat constitutionnel : pour la majorité, la question ne se limite pas à la modification éventuelle d’un texte fondamental. Elle renvoie également à la manière dont la souveraineté nationale doit être exercée et protégée.

L’élu a ainsi rappelé que le principe de souveraineté populaire demeure au cœur de l’architecture institutionnelle congolaise.

« En démocratie, seul le peuple est souverain et il n’existe aucune condition de droit ou de morale susceptible de limiter cette souveraineté lorsqu’il s’exprime par référendum », a-t-il soutenu devant les évêques.

Répondre aux critiques de la gouvernance

Conscient que le débat sur la Constitution est souvent associé aux performances du pouvoir en place, Isaac Tshilumbayi a également cherché à déplacer la discussion vers le bilan de la majorité présidentielle.

À ceux qui présentent l’idée d’une réforme constitutionnelle comme une diversion destinée à masquer les insuffisances de l’action gouvernementale, il a opposé une série d’indicateurs qu’il juge révélateurs des progrès accomplis depuis 2019.

Le premier vice-président de l’Assemblée nationale a notamment mis en avant l’évolution du secteur éducatif, citant l’augmentation du nombre d’enseignants rémunérés par l’État.

« En 2018, nous avons trouvé ce pays avec seulement 93.000 enseignants payés. Aujourd’hui, 700.000 enseignants sont rémunérés, soit 610.000 de plus », a-t-il déclaré.

Au-delà de l’éducation, il a évoqué les investissements réalisés dans les infrastructures, l’amélioration de la prise en charge des fonctionnaires et les réformes engagées dans plusieurs secteurs publics pour démontrer, selon lui, que le débat institutionnel ne saurait être interprété comme l’aveu d’un échec de gouvernance.

La Cenco attendue au tournant

Cette rencontre organisée dans le cadre de l’Assemblée plénière extraordinaire de la Cenco intervient dans un contexte de fortes tensions autour des questions constitutionnelles.

Les évêques catholiques, qui ont successivement entendu les représentants de la majorité et ceux de l’opposition, devraient rendre publique leur lecture de la situation au terme des travaux prévus jusqu’au 20 juin.

Selon l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, cette session extraordinaire débouchera sur une déclaration portant sur l’état de la nation et les enjeux institutionnels qui traversent actuellement la République démocratique du Congo.

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