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2 juillet, 2026 - 22:03:09
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Muanda : la mort d’une baleine mobilise l’ICCN face à une crise environnementale et sanitaire

L’échouage puis la mort d’une baleine d’environ 15 mètres sur le littoral de Muanda placent les autorités congolaises devant une double urgence : préserver la santé publique et protéger un écosystème marin encore peu documenté. Malgré l’intervention rapide des équipes de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), le cétacé n’a pu être sauvé. Au-delà de l’émotion suscitée par cet événement exceptionnel, les spécialistes soulignent la nécessité de renforcer les capacités nationales d’intervention sur la façade atlantique de la RDC, où transitent plusieurs espèces de grands mammifères marins.

L’échouage suivi de la mort d’une baleine d’environ 15 mètres sur la plage de Muanda, dans la province du Kongo Central, ouvre une phase de gestion environnementale et sanitaire pour les autorités congolaises. Malgré une intervention rapide des équipes de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), le mammifère marin n’a pas pu être remis à l’eau, relançant les interrogations sur la protection de la biodiversité marine de la République démocratique du Congo.

Une intervention rapide, mais des moyens limités

Alertés dès l’apparition du cétacé sur le rivage mercredi, les écogardes de l’ICCN se sont rendus sur place afin de tenter de repousser l’animal vers le large. Faute d’équipements spécialisés, notamment des remorqueurs, des engins de levage adaptés et du matériel vétérinaire destiné à la grande faune marine, les équipes n’ont cependant pas réussi à sauver l’animal.

La disparition de cette baleine met en évidence les contraintes auxquelles sont confrontés les services de conservation chargés de protéger le patrimoine naturel du pays, en particulier sur la côte atlantique où les interventions sur les grands mammifères marins demeurent exceptionnelles.

Un phénomène rare, mais connu des scientifiques

Si la présence d’une baleine sur une plage congolaise a surpris une partie de la population de Muanda, plusieurs riverains affirment avoir déjà observé, au fil des années, des dauphins et d’autres cétacés dans les eaux territoriales congolaises.

Les spécialistes rappellent que les eaux bordant l’embouchure du fleuve Congo se trouvent sur les routes migratoires de plusieurs espèces, notamment les baleines à bosse. Chaque année, entre juin et septembre, ces mammifères quittent les eaux froides de l’Antarctique pour rejoindre les eaux plus tempérées du golfe de Guinée, où ils se reproduisent et mettent bas.

Les causes de cet échouage restent toutefois inconnues. Les scientifiques évoquent plusieurs hypothèses, notamment une maladie, le vieillissement de l’animal, une collision avec un navire ou encore une désorientation provoquée par les nuisances sonores sous-marines ou la pollution des océans.
Au-delà de l’émotion suscitée par cet événement, la présence d’une carcasse de plusieurs dizaines de tonnes sur une plage publique constitue désormais un enjeu majeur de santé publique.

Les autorités sont appelées à sécuriser rapidement le site afin d’empêcher toute récupération ou consommation de la viande du cétacé, qui pourrait présenter des risques liés à des bactéries, des toxines ou d’autres agents pathogènes. Les experts recommandent également un enfouissement contrôlé ou un équarrissage de la carcasse afin de prévenir les nuisances, limiter les risques de contamination des eaux côtières et protéger les populations riveraines.

Cet épisode rappelle également le potentiel écologique de la façade maritime congolaise, longue de 37 kilomètres. Bien que relativement courte, cette ouverture sur l’océan Atlantique constitue un espace de passage pour plusieurs espèces marines d’intérêt écologique.

Infos27

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