L’épidémie de choléra prend une tournure préoccupante à Kasongo-Lunda, dans le Kwango, avec 560 cas recensés et 37 décès. La rupture des intrants médicaux, le faible accès à l’eau potable, l’enclavement et les difficultés d’acheminement des échantillons compliquent la riposte. Les autorités sanitaires provinciales annoncent un ravitaillement d’urgence, tandis que plusieurs partenaires se mobilisent pour renforcer la prise en charge et les mesures de prévention dans cette zone devenue le principal foyer actif de l’épidémie.
L’épidémie de choléra connaît une progression inquiétante dans la zone de santé de Kasongo-Lunda, dans la province du Kwango, avec 560 cas enregistrés et 37 décès. La situation est aggravée par des ruptures de stocks médicaux, des difficultés logistiques et des cas importés d’Angola, faisant de cette zone le principal foyer actif de l’épidémie dans la province.
Le chef de la Division provinciale de la santé du Kwango, Dr Jacques Kimfuta, attribue notamment les décès enregistrés ces derniers jours aux difficultés d’approvisionnement et à la faible appropriation des mesures préventives.
« Les décès sont déclarés ces derniers jours depuis le lundi 17 août suite à la rupture des intrants de prise en charge et le manque d’appropriation des mesures de prévention par la communauté », a-t-il indiqué à l’ACP.
Face à cette situation, la province a dépêché un kit d’urgence pour ravitailler la zone de santé. Le médecin-chef de Kasongo-Lunda, Dr Anaclet Nkinzi, a précisé que la population avait déjà bénéficié de deux interventions des gouvernements provincial et national, alors qu’une troisième aide était en cours d’acheminement.
Plusieurs partenaires ont également annoncé leur soutien, notamment Memisa Belgique, Médecins Sans Frontières et l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.
« Face à l’extension de l’épidémie liée aux mauvaises pratiques d’hygiène et à la faible couverture en eau potable, toute intervention est la bienvenue », a déclaré le Dr Nkinzi.
La réponse sanitaire reste confrontée à d’importantes contraintes. Kasongo-Lunda ne dispose notamment pas de morgue ni de structure adaptée à la conservation des dépouilles. Les familles sont ainsi amenées à manipuler elles-mêmes les corps, dans des conditions qui compliquent la sécurisation des rites funéraires et augmentent les risques de transmission.
La mobilité des acteurs communautaires constitue une autre difficulté. L’absence de moyens de transport, notamment de motos et de vélos, réduit les capacités de détection des cas, de sensibilisation et de distribution des produits destinés au traitement de l’eau dans les villages enclavés.
L’acheminement des prélèvements vers le laboratoire spécialisé de Kenge est également ralenti par le manque de véhicules. À cela s’ajoute la tension sur les stocks de solutés de réhydratation, de médicaments et de matériels de protection individuelle, dont une partie a déjà été mobilisée au profit de Popokabaka.
La faiblesse de l’accès à l’eau potable demeure l’un des principaux facteurs de vulnérabilité. Dans plusieurs secteurs, les habitants recourent à des sources d’eau susceptibles d’être contaminées, favorisant la propagation du choléra et compliquant les efforts de prévention.
L’état des routes reliant Kasongo-Lunda à Kinshasa et à Kenge accentue cette fragilité. L’enclavement retarde l’acheminement des médicaments, des intrants médicaux et du matériel d’assainissement, alors que les besoins augmentent.
Le renforcement de la réponse apparaît ainsi prioritaire. Le réapprovisionnement des structures de santé, la mise à disposition de moyens de transport, la sécurisation des dépouilles et l’amélioration de l’accès à l’eau potable constituent les principales urgences identifiées.
La mobilisation des autorités nationales et provinciales, de l’Organisation mondiale de la santé et des partenaires humanitaires reste attendue pour contenir la propagation du choléra et renforcer les capacités locales de prise en charge.
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