Gouvernance, traçabilité, lutte contre la fraude et transformation locale des minerais : Louis Watum Kabamba a placé ces chantiers au cœur de son bilan de l’an 1 du gouvernement Suminwa II. Lors de l’exercice de redevabilité, le ministre des Mines a mis en avant la digitalisation du Cadastre minier, la récupération de près de 3 000 km² de concessions, des recettes de plus de 136 millions de dollars issues du renforcement de la traçabilité, ainsi que la mise à disposition prochaine de 64 zones d’exploitation artisanale. Il a aussi cité le contrat de 180 millions de dollars signé pour la cartographie géologique du pays, la reprise de Chemaf et le démarrage annoncé de la production de sulfate de lithium.
Lors du panel animé par Oscar Mbal, de la RTNC, et Mamina Masengu, de B-One TV, Louis Watum Kabamba a présenté son action comme la traduction opérationnelle des orientations du président Félix-Antoine Tshisekedi. « C’est une feuille de route qui se traduit en actions concrètes selon la vision du Chef de l’État, qui est celle de faire une gestion durable et responsable de ce secteur », a-t-il expliqué.
La digitalisation du système minier figure parmi les principaux acquis avancés par le ministre. Le Cadastre minier a ainsi récupéré près de 3 000 km² de concessions revenues dans le domaine public, avec l’objectif de les redistribuer à des opérateurs disposant de capacités financières et techniques suffisantes pour explorer et exploiter de nouveaux gisements. Le dialogue avec la Chambre des mines a également été institutionnalisé autour des questions fiscales, parafiscales et de l’application du Code minier.
Traçabilité renforcée, recettes accrues
Le ministre a également insisté sur les progrès réalisés dans la traçabilité des minerais. Le laboratoire du CEEC a été équipé de technologies de dernière génération permettant de détecter certains sous-produits présents dans les minerais exportés. Selon Louis Watum Kabamba, ce dispositif a permis de générer plus de 136 millions de dollars depuis octobre, intégralement versés au Trésor public.
La lutte contre la fraude minière a, elle aussi, été renforcée. Plusieurs missions ont été conduites dans différentes provinces, notamment le Lualaba, le Haut-Katanga, le Bas-Uele, le Haut-Uele, le Maniema et l’Ituri. Dans l’artisanat minier, près de 64 zones d’exploitation artisanale ont été identifiées et mises à disposition ; leur opérationnalisation doit intervenir après leur viabilisation.
Exploration et investissements stratégiques
Sur le front de l’exploration, Louis Watum Kabamba a annoncé la signature d’un contrat de 180 millions de dollars avec Xcalibur Multiphysics Group SL pour une cartographie géophysique aéroportée et géologique de l’ensemble du territoire national. Le ministère a également entrepris de récupérer les archives géologiques de la RDC conservées au Musée africain de Tervuren.
Concernant la présence des militaires et policiers dans les sites miniers, le ministre a assuré que le processus de retrait est en cours avec l’état-major des Forces armées. Il a par ailleurs cité la reprise de Chemaf parmi les retombées des partenariats stratégiques, estimant que cette opération a permis de préserver 2 000 emplois et de sécuriser l’activité de plusieurs milliers de creuseurs artisanaux.
De l’exportation à la transformation locale
Le ministre veut enfin inscrire le secteur dans une logique de transformation locale. Il cite Manono Lithium, présenté comme ayant réalisé la première exportation de concentré de lithium de l’histoire de la RDC. La production de sulfate de lithium est annoncée pour décembre, avec des débouchés notamment dans les batteries et la santé.
Sur les allégations d’exportation clandestine d’uranium, Louis Watum Kabamba a privilégié la transparence : « Nous avons choisi de ne pas être sur la défensive, mais d’être totalement ouverts aux critiques et d’y répondre. » Il affirme que les autorités ont fourni les statistiques et les éléments relatifs au respect des normes internationales.
À travers ces différents chantiers, le ministre défend ainsi une ligne fondée sur une meilleure gouvernance des ressources, une traçabilité accrue et une montée en puissance de la transformation locale, avec l’ambition de faire du secteur minier un moteur durable de création de richesses.
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