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Kinshasa
3 septembre, 2026 - 19:14:52
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L’an 1 de Suminwa II : Daniel Mukoko mise sur la régulation des marchés et la relance de la production nationale

Le Gouvernement Suminwa II veut faire de la régulation économique un rempart contre les chocs et un levier de production. Lors de l’exercice de redevabilité de la première année, le vice-Premier ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a détaillé les mesures prises pour surveiller les prix, protéger le pouvoir d’achat, sécuriser l’approvisionnement en carburant, formaliser le secteur informel et redynamiser les bassins de production. Du suivi numérique des marchés à la relance agricole, le ministère revendique une économie « mieux connue, mieux surveillée et plus résiliente ». L’ambition affichée est de réduire durablement la dépendance aux importations en reconstruisant les capacités productives nationales du pays. La prochaine étape sera celle de la consolidation : transformer les outils de régulation, les données de marché et les projets agricoles en résultats durables pour les ménages, les producteurs et les entreprises, dans un contexte économique exposé aux chocs extérieurs.

La première année du Gouvernement Suminwa II a été placée, pour le ministère de l’Économie nationale, sous le signe de la surveillance des marchés, de la protection du pouvoir d’achat et du redressement productif. Lors de l’exercice de redevabilité, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a présenté les mesures engagées pour contenir les chocs économiques et renforcer la production nationale.

« L’économie congolaise est aujourd’hui mieux connue, mieux surveillée et plus résiliente. Notre responsabilité est de réduire progressivement cette dépendance en reconstruisant les capacités productives nationales », a-t-il déclaré.

TALO, un outil de veille sur les prix

Au cœur du dispositif figure TALO, l’outil numérique de suivi hebdomadaire des prix des produits de première nécessité. Lancé en mars 2025 à Kinshasa, il couvre désormais 17 villes, dont Beni, Isiro, Kolwezi, Likasi, Matadi et Kisangani. Le système suit 61 produits essentiels et permet d’identifier les hausses inhabituelles afin d’orienter les interventions publiques.

Le ministère cite plusieurs résultats. À Lubumbashi, le prix du sac de 25 kg de riz, qui avait atteint 45 000 FC, a été ramené, selon le bilan présenté, entre 31 000 et 33 000 FC. À Kisangani, le sac de 150 kg est passé de 720 000 FC à 520 000 FC après les mesures de régulation.

« Nous disposons désormais des informations en temps réel et nous savons intervenir lorsque des chocs de prix apparaissent sur un marché donné », a expliqué Daniel Mukoko Samba. Le dispositif doit être étendu à 33 villes, à l’exception de celles directement affectées par la guerre.

Carburants : contenir le choc international

La gestion du marché pétrolier figure également parmi les points mis en avant. Face à la flambée internationale des cours liée à la crise au Moyen-Orient, le Gouvernement affirme avoir maintenu les prix pratiquement inchangés pendant plusieurs semaines, avant une hausse de 200 FC par litre à Kinshasa. Le prix de l’essence est ainsi passé de 2 440 à 2 640 FC.

Selon le ministre, sans ces mesures, le litre aurait pu atteindre l’équivalent de 3 dollars, contre environ 1,15 dollar au moment du bilan. Surtout, aucune rupture d’approvisionnement n’a été enregistrée.

« Les Congolais ont continué à trouver du carburant dans les stations-service. Le Gouvernement a anticipé la crise et assuré un approvisionnement régulier du marché », a affirmé le Vice-Premier ministre.

Formaliser plus de 200 000 opérateurs

La stratégie ne se limite pas à la stabilisation des prix. Le ministère prépare la formalisation de plus de 200 000 opérateurs économiques du secteur informel. L’objectif est de les intégrer aux circuits administratifs, de leur permettre d’obtenir les documents nécessaires et de faciliter leur accès aux services publics et aux mécanismes de financement.

La réforme doit également accompagner la préparation d’un Code de commerce unifié avec le ministère du Commerce extérieur. L’objectif est de mieux organiser la chaîne économique, de la production à la distribution et à la consommation.

La relance des bassins de production

Le redressement productif constitue l’autre pilier de la stratégie. Le ministère travaille à la réactivation d’anciens bassins agricoles avec des opérateurs privés, appelés agrégateurs, chargés d’accompagner les producteurs et de structurer les filières.

Parmi les projets cités figurent l’opération rizicole de Bumba, destinée à encadrer près de 30 000 planteurs, le projet de production de maïs de Boamanda, dans le Sud-Ubangi, et la relance de la station agricole de Ngandajika, au Kasaï Oriental.

Le Fonds de régulation économique, FOREC, doit accompagner ces initiatives pour accroître l’offre locale et améliorer la compétitivité des produits congolais.

Le maïs reste un produit stratégique

Dans l’espace Grand Katanga, le ministère met particulièrement en avant la stabilisation du prix du maïs. Selon les chiffres présentés, le sac de 25 kg, qui pouvait atteindre 40 à 45 dollars durant les périodes de soudure, se maintient depuis deux ans autour de 14 dollars grâce aux mécanismes de régulation.

La RDC demeure dépendante de certaines importations pour approvisionner ses grandes agglomérations, notamment en maïs, riz, poisson, viande et produits laitiers. Le ministère entend réduire cette dépendance en renforçant l’offre nationale.

Au terme de cette première année, Daniel Mukoko Samba défend une stratégie articulée autour de trois priorités : mieux connaître les marchés, protéger le pouvoir d’achat et reconstruire l’appareil productif. TALO doit fournir l’alerte, les mécanismes de régulation limiter les chocs et les projets agricoles accroître l’offre nationale.

L’enjeu de la prochaine étape sera l’exécution durable de ces réformes. L’extension de la surveillance des prix, la formalisation des opérateurs informels et la relance des bassins agricoles devront se traduire par des effets concrets sur l’approvisionnement, les revenus et la capacité de production.

Pour le ministère de l’Économie nationale, l’ambition est désormais de réduire la vulnérabilité de la RDC aux chocs extérieurs et de consolider une économie davantage fondée sur sa propre production.

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