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15 septembre, 2026 - 22:53:04
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Loi de finances 2027 : un budget d’action et de souveraineté

À l’ouverture de la session parlementaire, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présenté mardi à l’Assemblée nationale un projet de loi de finances de 56.929 milliards de francs congolais, équivalant à 24,8 milliards de dollars. Dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est, le Gouvernement veut orienter cette enveloppe vers les priorités nationales, notamment la défense et la sécurité, les infrastructures, l’agriculture, les services publics et l’amélioration du pouvoir d’achat. Le texte mise parallèlement sur une mobilisation accrue des recettes intérieures, avec la digitalisation des services d’assiette, le renforcement du suivi de la facture normalisée et de la TVA. Cette recherche de ressources propres constitue l’autre pilier du projet : donner à l’État une capacité accrue de financer ses choix sans dépendre excessivement de ressources extérieures. Le budget intègre également les échéances nationales, dont le dialogue national annoncé par le Président Félix Tshisekedi, les opérations d’identification de la population et la préparation des élections. 

D’un montant de 56.929 milliards de francs congolais, soit 24,8 milliards de dollars, le projet de loi de finances pour l’exercice 2027, déposé mardi 15 septembre 2026 à l’Assemblée nationale par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, place l’action de l’État et la souveraineté financière au cœur des choix budgétaires. Selon la cheffe du Gouvernement, ce projet traduit dans les chiffres les engagements du Président de la République et les priorités du Programme d’action du Gouvernement. Il vise à donner à l’État les moyens de répondre aux urgences nationales tout en consolidant progressivement sa capacité à mobiliser ses propres ressources.

La sécurité et la défense constituent l’une des premières expressions de cette volonté d’action. Dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est du pays, le budget doit permettre de renforcer les capacités des forces de défense et de sécurité et de soutenir les efforts engagés pour restaurer la paix et protéger l’intégrité territoriale.

L’action publique porte également sur les infrastructures. Routes, aéroports et universités figurent parmi les secteurs appelés à bénéficier d’investissements destinés à améliorer la mobilité, désenclaver les territoires et renforcer les capacités structurantes du pays.

L’agriculture occupe, elle aussi, une place stratégique. L’augmentation des ressources consacrées à ce secteur doit soutenir la production locale, réduire la dépendance aux importations alimentaires et contribuer, à terme, à améliorer le pouvoir d’achat des ménages.

Le projet prend enfin en compte la rémunération des agents publics, avec la poursuite des engagements pris par le Gouvernement dans le cadre du dialogue avec les organisations syndicales. L’objectif est de soutenir le pouvoir d’achat tout en maintenant la maîtrise des équilibres budgétaires.

Mobiliser davantage de ressources nationales

L’autre dimension du projet de loi de finances réside dans la recherche d’une plus grande souveraineté financière. Pour financer durablement ses politiques publiques, l’État entend accroître la mobilisation des recettes intérieures et réduire les pertes liées aux insuffisances du système de collecte.

Le Gouvernement mise notamment sur la digitalisation des services d’assiette, le renforcement du suivi de la facture normalisée et de la TVA ainsi que sur différentes mesures destinées à sécuriser les recettes publiques.

Cette démarche répond à un enjeu central : disposer de ressources propres suffisantes pour financer les priorités nationales. La souveraineté ne se limite donc pas à la capacité de décider ; elle repose également sur la capacité de l’État à mobiliser et à maîtriser les moyens nécessaires à la mise en œuvre de ses décisions.

Cette logique apparaît également dans les crédits prévus pour certaines échéances majeures de la vie nationale. Le projet de budget prend notamment en compte l’organisation du dialogue national annoncé par le Président de la République, ainsi que les opérations liées aux élections et à l’identification de la population.

Le financement du dialogue s’inscrit dans la volonté de soutenir un processus national destiné à réunir les forces vives autour des enjeux de cohésion, de paix et de refondation de l’État. À travers ces crédits, le Gouvernement entend donner à la République les moyens de conduire ses propres processus institutionnels.

Le même principe vaut pour l’identification de la population et la préparation des échéances électorales. Ces opérations participent au renforcement de l’État et à la consolidation de ses institutions.

Maintenir l’action de l’État malgré la guerre

Le projet de loi de finances 2027 est élaboré dans un contexte particulièrement contraignant. La RDC fait face à la guerre et à l’agression dans sa partie Est, menée par le Rwanda à travers l’AFC-M23. Cette situation impose d’importants efforts en matière de défense et de sécurité, alors que le pays doit simultanément répondre aux besoins économiques et sociaux de sa population.

Le choix budgétaire consiste ainsi à ne pas opposer sécurité et développement. L’État doit défendre son territoire tout en continuant à investir dans les infrastructures, l’agriculture, l’éducation, les services publics et l’amélioration des conditions de vie.

C’est dans cette articulation que se situe la portée du budget 2027. Il cherche à doter l’État des moyens d’agir immédiatement sur les priorités nationales, tout en renforçant les bases financières de son autonomie.

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