Face à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo et aux interrogations suscitées par le ralliement de son prédécesseur Joseph Kabila à un mouvement politico-militaire issu de l’AFC/M23, Félix-Antoine Tshisekedi affiche sa confiance et mobilise sa majorité. Réuni samedi à la Cité de l’Union africaine avec les députés nationaux et les sénateurs de l’Union sacrée de la Nation, le chef de l’État a assuré que la situation sécuritaire était « sous contrôle », tout en appelant à renforcer le soutien aux Forces armées de la RDC (FARDC) et aux patriotes Wazalendo. Cette rencontre a également permis de préciser les prochaines étapes du dialogue national, dont l’équipe préparatoire doit être mise en place la semaine prochaine, avec l’appui annoncé de deux cofacilitateurs de l’Union africaine. Sur la question constitutionnelle, le président a récusé toute volonté personnelle de prolonger son pouvoir, affirmant qu’il respecterait la décision du peuple.
Le président de la République a annoncé la mise en place prochaine des organes chargés de préparer le dialogue national. Selon une source présente à la rencontre, les nominations devraient intervenir dès la semaine prochaine. Le dispositif comprendra une coordination nationale, des coordinations provinciales et des superviseurs dans les provinces.
Deux cofacilitateurs désignés par l’Union africaine, un homme et une femme, devraient également accompagner le processus. Félix Tshisekedi a demandé aux élus de sa majorité d’expliquer à leurs électeurs les objectifs de cette initiative, qu’il présente comme un moyen de rétablir le fonctionnement normal de l’État.
Abordant le débat constitutionnel, le chef de l’État a rejeté l’idée selon laquelle le dialogue servirait ses ambitions personnelles. « Cette Constitution, je ne l’aime pas, et vous le savez », aurait-il déclaré, selon une source présente à la réunion. Il aurait ajouté que la responsabilité d’engager une éventuelle révision revenait aux acteurs politiques, tout en affirmant qu’il respecterait la décision du peuple.
« Si, en 2028, vous refusez, je m’arrête là », aurait-il précisé, avant d’insister sur sa volonté de remettre le pays sur les rails et d’instaurer une paix durable.
Est : Tshisekedi affiche sa confiance dans les FARDC
Sur le front sécuritaire, Félix Tshisekedi a appelé les parlementaires à soutenir les Forces armées de la RDC et les patriotes Wazalendo. Il leur a rappelé la nécessité de sensibiliser la population à la situation dans l’Est, affirmant que « les gens doivent savoir que nous sommes agressés ».
Le président s’est montré optimiste quant à l’évolution des capacités opérationnelles des FARDC, qu’il estime avoir reprises en main. Cette appréciation intervient alors que les violences persistent dans l’Est du pays et que les infiltrations continuent de compliquer la situation sécuritaire.
Évoquant le président rwandais Paul Kagame, Félix Tshisekedi lui a reproché d’avoir mené pendant plusieurs décennies une stratégie visant, selon lui, à dégrader l’image de la RDC auprès des capitales étrangères et à fragiliser ses institutions. Il a affirmé que les pressions exercées sur Kigali rendaient désormais plus difficile le pillage des ressources naturelles congolaises.
S’agissant de Joseph Kabila, Félix Tshisekedi aurait néanmoins estimé que son prédécesseur avait été contraint de s’exposer publiquement sous la pression militaire et diplomatique exercée sur Kigali, afin de donner une coloration congolaise à l’agression dénoncée par Kinshasa.
« Pour le peu que j’ai eu à le pratiquer, je peux vous assurer que Joseph Kabila est un peureux », aurait-il déclaré, selon cette même source.
Le chef de l’État aurait également reproché à son prédécesseur de retourner les armes contre le pays qu’il a dirigé pendant dix-huit ans.
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