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13 mai, 2026 - 12:34:57
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Est de la RDC, derrière l’offre de Gazprom, la « main- bouclier » tendue de Poutine

Gazprom se déploie en Tanzanie dans la distribution de gaz naturel comprimé. Ce pays partage avec la RDC de larges pans du lac Tanganyika. L’ambassadeur de la Fédération de Russie en RDC, Karl Tikhaze, a fait part, le 24 février 2025, au ministre des Hydrocarbures, Sakombi Molendo, de l’intérêt porté par l’administration de Vladimir Poutine au processus d’appel d’offres sur les blocs pétroliers et gaziers congolais.

En clair, le géant mondial russe Gazprom s’invite à la course sur les 27 blocs pétroliers et les trois blocs gaziers ouverts derechef à l’appel d’offres par le gouvernement de la RDC. Point de polémique. Aucune de trois entreprises sélectionnées, le 12 octobre 2023, par le prédécesseur de Guy-Aimé Sakombi, et actuel ministre des Sports, Didier Budimbu, n’a rempli des conditions requises, essentiellement financières, pour passer à l’étape de la production. Il s’agit, en effet, des sociétés américaines Symbion Power & Red , pour le bloc dit « Makelele » , Winds Exploration and Production LLC (bloc Idjwi) et la firme  » canadienne » Alfajiri Energy Corporation (bloc Lwandjofu). Ces trois blocs couvrent l’essentiel de la partie congolaise du lac Kivu. De l’autre côté, le Rwanda a déjà développé des unités de production d’énergie, la récente Kivuwatt et l’ancienne usine pilote montée dans les années 60 et fournissant de l’énergie à la brasserie Bralirwa.

Juin 2023, à la faveur d’une rencontre internationale sur l’énergie à Johannesburg, en Afrique du Sud, Gazprom a offert aux États africains son expertise pour le recours au gaz naturel, pour résoudre les problèmes énergétiques, économiques, sociaux et environnementaux. Selon les experts, l’Afrique contribuera pour plus de 60 % à la croissance de la population mondiale d’ici à 2050. Le continent devrait enregistrer une croissance économique importante qui s’accompagnera d’une multiplication par deux de la consommation d’énergie. Une augmentation de la production de gaz naturel permettrait de répondre à la croissance de la demande de gaz sur le continent africain. Cependant, à ce jour, la majeure partie du gaz produit en Afrique est exportée à l’étranger. Les sociétés du groupe Gazprom, à savoir Gazprom Gazifikatsiya, Gazprom Energoholding et Gazprom Helium service ont fourni des informations sur les activités de Gazprom et sur l’étendue des compétences de l’entreprise tout au long de la chaîne de valeur du secteur gazier. Hélas, la RDC n’était pas représentée à ce forum. Pis, le gouvernement congolais a perdu le contrôle de Goma et de Bukavu ainsi que de toutes les régions adjacentes le lac Kivu au profit du mouvement terroriste AFC/M23 ouvertement soutenu par le Rwanda.

L’exploitation du gaz du lac Kivu est donc à renvoyer dans le long terme, à moins qu’une contre-offensive des FARDC arrive à défaire le M23 et repousser les troupes rwandaises de l’autre côté du lac … ou encore une injonction des capitales occidentales de rebrousser chemin imposée au Rwanda et à sbires et nervis de l’AFC/M23, comme les quatre précédentes fois, que les mouvements insurrectionnels tutsis ( Mutebusi, Kundabatware, CNDP, M23) ont  » libéré » des contrées entières dans le Massif et Goma. Toutefois, le gaz, ce n’est pas seulement dans le lac Kivu.

Dans le Tanganyika aussi. Il y a 8 ans, à l’occasion de la première conférence internationale sur le potentiel en hydrocarbures du lac Tanganyika, mi-février 2017, à Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika, l‘alors ministre des Hydrocarbures, (feu) Aime Ngoy Mukena, avait avancé le chiffre d’une vingtaine de blocs pétroliers et gaziers à explorer pour l’ensemble du
Graben Tanganyika. Et Aimé Ngoy Mukena avait déclaré, «moi, j’ai déjà découpé onze blocs dans le Graben Tanganyika. Les Zambiens en ont trois, les Burundais je ne sais pas deux ou trois, les Tanzaniens en ont deux». Donc la RDC devrait avoir 3 ou 4 blocs. Depuis plus rien si ce n’est qu’en octobre 2019, une firme du nom de Générale pétrolière du Congo (Gepeco) qui a obtenu, on ne sait trop à quel niveau de l’appareil de l’Etat, le marché d’exploiter du brut, du Tanganyika, traîne l’État devant la Chambre de commerce international. Gepeco dont les statuts, les actionnaires, le siège, etc., n’ont jamais été portés à la connaissance de l’opinion et nulle trace du marché d’exploitation des hydrocarbures qu’il a remporté ne figure sur le site du régulateur des marchés publics a, cependant, obtenu la condamnation de l’État congolais devant la Chambre de commerce internationale qui a déclaré «fautive, inopérante et non fondée la résiliation par la République démocratique du Congo du Protocole d’accord conclu le 12 octobre 2011 avec la Générale pétrolière du Congo» (GEPECO), pour l’exploration et l’exploitation du pétrole dans le bassin sédimentaire du Graben Tanganyika. Dans sa sentence partielle, rendu le 12 janvier 2017, la Chambre de commerce internationale avait sommé la RDC de payer une amende de 100 000 $US à GEPECO. Et à défaut de s’exécuter, les DI se seraient gavés à 12 milliards $US. En octobre 2019, en plein régime de coalition FCC-CACH,
Félix Tshisekedi charge le ministre de la Justice, Célestin Tunda ya Kasende qui avait porté le dossier Gepeco devant le Conseil des ministres, de négocier un arrangement à l’amiable avec la fameuse firme. On n’en sait plus rien. Tunda ya Kasende sera écarté du gouvernement sans jamais être notifié.

L’opinion se souviendra de la polémique  » Ye meyi ». Et la coalition FCC-CACH vole en éclats, puis Honorius Kisimba Ngoy, Rose Mutombo Kiesse et Constant Mutamba Tungunga passent garde des sceaux, mais l’on ne dira plus rien de Gepeco. En matières des contrats gaziers, la RDC a déjà étalé toute sa légèreté avec deux ministres, celui de la justice, Alexis Thambwe Mwamba et, celui des Hydrocarbures, Aimé Ngoy Mukena, qui, chacun foulant au pied, les décisions du conseil des ministres, se sont réglés des comptes à travers des médias interposés puis devant l’alors Cour suprême de Kitoko Mpele. Finalement, ni Kivu lake energy corporation ( Klec) soutenu par l’un , ni EPPM défendu par l’autre n’ont eu le marché.

Seul Tshisekedi doit trancher

Par ailleurs, concernant le lac Tanganyika, le Protocole d’accord pour la coopération sur la promotion de l’exploration et de l’exploitation des gisements transfrontaliers conclu entre la RDC et la Tanzanie devrait avoir expiré depuis le 11 octobre 2019. A ce jour, la RDC n’a pas encore versé un seul rond pour la mise en exécution dudit protocole. Les gouvernements rd-congolais et tanzanien s’étaient, en effet, engagés de réunir des fonds en vue de procéder notamment à de nouvelles données sismiques. Convenu depuis le 3 octobre 2016, « la Tanzanie est déjà prête à donner sa part et attend ainsi le même geste de la part de la RDC », avait fait comprendre le ministère des Hydrocarbures à la commission Ecofin de l’Assemblée nationale lors de l’examen du budget 2019.

Six ans après, toujours rien. Comme le Rwanda qui a abandonné le projet mitoyen de Socigaz et opté de faire cavalier solitaire, la Tanzanie a également sollicité une assistance technique de son voisin ougandais et de la firme Total en vue de démarrer les opérations de prospection dans le bassin d’Eyasi Wembere (centre du pays) ainsi que les opérations de forage dans le lac du Tanganyika. Et Gazprom y arrive à pas de géant. La RDC doit profiter de la main tendue de Moscou pour attirer aussi Gazprom dans le Tanganyika. À Félix Tshisekedi d’en comprendre les enjeux. Poutine ne permettrait , sans doute, que les intérêts russes soient sabotés par un prétendu mouvement rebelle ou un État expansionniste. La Russie a pourtant conclu avec la RDC des accords de coopération qui, hélas, n’ont jamais connu un début d’exécution depuis 24 ans! Autant que les précédents accords convenus en 1999 et en 2017, les derniers accords signés par Poutine et Tshisekedi impliquent une dizaine d’entreprises russes dont le géant Gazprom et Zarubezhneft Joint Stock Company qui sont des sociétés pétrolières et gazières de renommée internationale.

La RDC aurait dû les approcher pour exploiter le gaz du lac Kivu. Du coup, la région devrait être sécurisée par Moscou. Hélas. Il y a aussi Rossoboron Export, société spécialisée dans l’import-export de la gamme complète des produits et services du matériel militaire dont les hélicoptères Mi-171CH.-DES ÎLES… DE SÉCURITÉ.
Il est cité aussi la firme Kamaz, fabricant d’engins roulants militaires, etc., United Wagon Company, fabricant des wagons pour le transport des marchandises. Par ailleurs, sans attendre un hypothétique referendum sur l’amendement de la constitution, les deux chambres du parlement réunies en congrès peuvent amender l’article 217 de la constitution qui établit que la RDC peut conclure des traités ou des accords d’association ou de communauté comportant un abandon partiel de souveraineté non pas « en vue de promouvoir l’unité africaine » mais pour des raisons de sa sécurité, de sa résilience socioéconomique, etc., À chaque crise dans l’est, l’UA n’a jamais été d’un apport conséquent pour la RDC. La présente crise en témoigne. Il y a dans le lac Kivu, des îles (Idjwi, Ibindja, Tchegera, Tshofu, Oka, Iko, Nyamizi, Kilanga, Dagambwa, Kabanga, Kishushu, Shushu Mukonde ; etc.) et dans le Tanganyika, des îles paradisiaques comme Kavala et Kibishie, Milimba, Mamba- Kayenda qui peuvent faire l’objet d’un contrat d’exploitation d’une durée à convenir avec la Russie sinon avec de puissants hommes d’affaires russes sous la houlette de Moscou. Ces îles sont de plus en plus peuplées des ressortissants des pays voisins si bien que le Congo risque de les perdre. L’article 65,2 de la constitution russe offre également la possibilité d’admission d’un nouveau territoire au sein de la Fédération. Aux grands maux, de grands remèdes.

Pold Levi (CP)

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